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Page de présentation du site

Auteur Charles Paget.

Psychologue clinicien. Neuropsychologue.

Page de présentation du Site.

  « Les pouvoirs de ma pensée logique; perceptions et réalité". 

 

Depuis ma naissance, ma vie est structurée par une foule de perceptions primaires, agréables et désagréables. Ce sont elles qui forment la nature même de ma personnalité et qui m’ont permis « Moi » de m’adapter à mon milieu, au même titre que toutes les espèces vivantes.

Ce site consiste à prendre conscience et à  analyser les phénomènes que  je perçois dans le contexte de mon milieu environnemental naturel et dans mon intimité psychologique, ceci afin de saisir la réalité de mon être et de gérer favorablement les situations stressantes.

Mon site est composé en trois parties principales contenant chacune, plusieurs articles soumis à votre réflexion personnelle.

Vous pourrez le lire à la suite ou chaque partie séparément, suivant votre intérêt personnel.

Afin de faciliter son accessibilité à tout un chacun et afin que je puisse le modifier en conséquence, je vous remercie de m'adresser votre commentaire. 

 

Introduction.

 Considérations au sujet du site.

Réflexion sur notre condition d’être humain.

 Première partie  « A ».

 Comprendre le monde afin de mieux me situer dans mon environnement.

 Article 1A. La structure de la matière, ses propriétés, sa cohésion et ses manifestations : L’atome. Les forces de l’Univers. Matière, antimatière, lumière, énergie et relativité.

Article 2A.  La création de l’Univers : Du Big Bang à la complexité de la matière.

 Deuxième partie «  B ».

 Le phénomène de la vie ; l’impression de la complexité.

Article 1B. L'apparition de la vie et de la complexité du vivant : Une énigme à diverses facettes.

Article 2B. L'évolution des espèces : L'adaptation buissonnante.

Article 3B. L'émergence de l’espèce humaine : Primate à évolution retardée ? Ou sélection de la pensée abstraite ?

 Troisième partie «  C ».

 L’influence du raisonnement logique sur mon psychisme et mon comportement.

Article 1C. Le cerveau et la conscience : La complexité à son apogée. Le début de l'ère de la conscience abstraite.

Article 2C. Les fondements de mon psychisme.

Article 3C. Réflexion sur la résolution des problèmes ; changer de cadre ; les leurres de la perception.

Article 4C. La conscience de soi et la conception de la réalité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 18:13

Considérations au sujet du site :

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les pouvoirs de ma pensée logique ; perceptions et réalité .

 

 

 

 

 

 

 

 

 Réflexion sur notre condition d’être humain.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout être humain a une personnalité qui est structurée par l’héritage génétique apporté par ses parents dès sa conception. Cette personnalité est modelée par  son environnement naturel, par ses relations parentales, par le système éducatif, ensuite par son milieu socioculturel et ses préférences.

Depuis ma naissance, je perçois les phénomènes qui se déroulent dans mon environnement immédiat.

Ces perceptions primaires sont évaluées par mon cerveau qui les sélectionne, compte- tenu de mes besoins vitaux et de mon équilibre psychique.

Certaines perceptions et sensations me sont favorables ; elles répondent au principe de la recherche du plaisir. D’autres, plus nombreuses, me sont défavorables ; elles engendrent du déplaisir ; elles nécessitent une adaptation immédiate afin de maintenir mon équilibre psychique.

 

L’être humain, à sa naissance, n’est qu’une éventuelle possibilité de conscience, son devenir dépend de ses capacités à enregistrer des informations et de les interpréter logiquement.

A ma naissance, je n’étais qu’un être démuni et dépendant avec un potentiel héréditaire programmé pour acquérir des connaissances. Le contact avec mon milieu naturel m’a permis de m’adapter aux exigences vitales indispensables à mon évolution. Ce que j’appelle « ma Vie » est une succession de perceptions et de sensations agréables ou désagréables ainsi que des connaissances plus ou moins valides qui sont inscrites dans ma mémoire et forment ce que la psychanalyse appelle mon « Moi ». Un « Moi » bien fragile, en fait, s’il ne tient compte que de l’apparence des phénomènes perçus, déformés par mes organes sensoriels.

 

Les phénomènes que nous percevons ne sont, en réalité, qu’une partie visible de l’iceberg et souvent cette partie n’est qu’un leurre.

Lorsque je regarde un objet, je ne vois que les ondes lumineuses qui éclairent cet objet, et encore mes yeux ne voient qu’une frange très limitée des longueurs d’ondes qui l’éclairent. Un insecte, par exemple, ne voit pas cet objet de la même façon puisqu’il ne voit, lui, que dans l’ultraviolet, que mon œil ne distingue pas. De même, les autres organes sensoriels ne détectent pas la véritable composante de l’objet considéré. L’ouïe n’enregistre que des vibrations transmises par les molécules de l’air, hors de l’atmosphère, je n’entendrais même pas un coup de canon tiré à un mètre de mes oreilles. Le toucher est une sensation due à une différence d’état d’un corps. Considérons, tout d’abord, la sensation de chaleur. Prenons un seau d’eau très chaude, un seau d’eau tiède et un seau d’eau froide. Trempons une main dans l’eau très chaude et ensuite dans l’eau tiède, cette eau tiède nous paraîtra froide. Trempons maintenant  une main dans l’eau froide et ensuite dans l’eau tiède, celle-ci nous paraîtra chaude, alors qu’avec la première expérience, elle nous paraissait froide. Les yeux fermés, touchons une bille avec le majeur et l’index croisés l’un sur l’autre, nous aurons l’impression de toucher 2 billes. Le goût n’est qu’un capteur de bases chimiques qui interprète les sensations gustatives, compte-tenu de nos besoins inconscients. L’odorat, plus développé chez l’animal que chez l’homme, a différentes fonctions, toujours adaptées aux besoins de  l’espèce. En sommes, mes sens ne détectent pas des réalités immuables, ils dépendent de l’interprétation de mon cerveau programmé pour satisfaire mes besoins vitaux.

 

Nous sommes doté d’un cerveau extrêmement complexe, composé de plus de 100 milliards de cellules nerveuses (neurones), chacune d’elle est reliée à 10 000 ou 20 000 autres neurones par des synapses qui nous permettent de disposer de plusieurs milliers de milliards de circuits de pensée, nous permettant ainsi l’analyse des phénomènes  que nous percevons.

Tout ce que je vois, j’entends, je ressens, depuis ma naissance, est sommairement enregistré par mes sens et interprété, tel quel, par mon cerveau afin d’apporter une réponse simple et rapide adaptée aux sollicitations de mon environnement immédiat.

Je peux analyser mes perceptions primaires dans le sens de la véritable nature des phénomènes perçus, afin de mieux comprendre ces phénomènes et de mieux les maîtriser. Je suis capable d’approfondir mes perceptions primaires grâce à mes connaissances ultérieurement acquises.

 

Un  Site " Les pouvoirs de ma pensée logique; perceptions et réalité ». Pourquoi ?

Prendre conscience de la réalité des phénomènes dont je ne suis qu’une des composantes me permettra de considérer ma vie telle qu’elle est, et non telle que mes sens la perçoivent.

En fait, ma vie n’est pas qu’une succession de perceptions et de sensations, qui me fait dire « j’existe » parce que « je pense » et que « je ressens », encore faut-il que ce que je pense soit en rapport direct avec mon milieu extérieur, c’est-à-dire hors de mon imagination.

Cette conception de la vie, que l’on observe chez la majorité des êtres humains a toujours servi de modèle aux multitudes de générations qui se sont succédées depuis l’Homo sapiens, toutefois elle a engendrée bien des questionnements sur son sens, et souvent beaucoup de souffrances. Dans les moments pénibles, dont nul n’est épargné, lors du décès d’un proche, par exemple, ou lors d’une catastrophe naturelle, la notion d’anthropocentrisme est mise à rude épreuve.

Je dois me souvenir, que je suis un des modestes éléments d’une espèce récente ; « l’espèce humaine », elle-même liée aux autres espèces, animales, végétales et mêmes bactériennes, le tout formant la « biosphère ». Cette  Vie « la biosphère » occupe la Terre qui, elle, appartient au Système solaire (composé de 9 planètes avec leurs satellites et bien d’autres corps encore), celui-ci (le Système solaire)  fait parti de notre Galaxie « la Voie Lactée » qui est composée de plus de 100 milliards d’autres soleils (les étoiles) autour desquels tournent certainement des planètes (certaines, peut-être, habitées ?). Et ce n’est pas tout ; notre Galaxie appartient à un amas local composé d’autres galaxies et un nombre infini d’amas, plus ou moins importants, occupent l’Univers en expansion depuis environ 14 milliards d’années. Aux dernières nouvelles, l’Univers ne serait qu’une modeste « Bulle » parmi une incommensurable « Mousse » de multitudes d’autres « Univers ».

Ma propre personne, mon « Moi » limité par ma peau, a aussi une structure dans le domaine de l’infiniment petit. Mon corps est un ensemble d’organes fonctionnant en harmonie, tous ces organes sont composés de cellules qui sont de véritables petits organismes fonctionnels, ces cellules sont vivantes, construites avec de la  matière biologique (grosses molécules biologiques, ARN, ADN, etc.). Si nous continuons à descendre dans l’infiniment petit, nous retrouvons les mêmes particules qui forment tous les objets cosmiques, c’est-à-dire, des molécules formées par des atomes, eux-mêmes composés de noyaux (les nucléons) autour desquels tournent des électrons. Les nucléons étant composés de quarks qui ne seraient peut-être pas les particules les plus infimes, puisqu’aux dernières nouvelles les physiciens parlent de super cordes de diamètre nul, qui ne seraient, en réalité que des vibrations.

Les éléments qui m’entourent et qui me composent, et dont je suis partie intégrante, sont ni bon, ni mauvais, ils obéissent à des lois naturelles bien précises que je ne dois pas ignorer, car je fais parti de ce « Tout » appelé aussi « Nature » ; c’est sa compréhension, décrite par les sciences expérimentales récentes, qui constitueront les bases de ce site.

Me connaître « Moi-même » et prendre conscience de ma situation au sein de ce vaste Univers dont, tout dépend de tout, donnera un sens à ma vie et m’apportera un peu de réconfort lors des difficultés que je rencontrerai au cours de mon existence.

Suite: Article 1A.

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 17:53

 Article 1A.

 

 

 

  Comprendre le Monde afin de me situer dans mon Environnement.

 

 Le premier article de cette première partie traitera de la structure de la matière, de ses propriétés, de sa cohésion et de ses manifestations.

 

 

 

 

La même matière de base constitue tout ce qui existe. L'être humain, les animaux, les végétaux, les minéraux, les planètes, les étoiles sont tous constitués, à la base, par les mêmes infimes particules élémentaires qui forment les atomes.

 

L’atome ; le système de base de toute la matière.

Considérons, dans un premier temps, les particules élémentaires qui sont assemblées pour former les atomes qui constituent tout ce que nous connaissons, de la bactérie à l’Univers dans son ensemble. Commençons par décrire l’atome le plus simple ; l'atome d'hydrogène, celui-ci est composé par un noyau le « proton » et un « électron » qui tourne autour de ce proton. En fait, l'électron ne tourne pas exactement comme la Terre autour du Soleil. Comment peut-on, alors, penser ce mouvement ? Nous pouvons déjà affirmer que tout atome est formé d'un noyau autour duquel gravitent, relativement très loin, un certain nombre d'infimes granules d'électricité négative que l'on appelle électrons. 

 Le diamètre attribué au noyau est environ dix mille fois plus petit que celui de l'atome lui-même. Cependant comme la masse de l'électron est à peu près deux mille fois plus faible que celle du noyau de l'atome, on peut considérer que la matière de l'atome est presque entièrement concentrée dans son noyau. Aussi tout atome apparaît comme ayant une structure essentiellement vide, avec une région centrale extrêmement dense qui constitut le noyau et, autour de ce noyau une région pratiquement vide où circule, à la périphérie,  un ou des électrons.

 

Réflexion sur la conception du vide à l’intérieur d’un système incroyablement minuscule.

Ce qui heurte mon imagination ; c’est l’échelle des distances à l’intérieur de l’atome, ainsi je peux comparer le noyau atomique à un grain de riz au milieu d’un terrain de football alors qu’un, ou des électrons tourneraient autour du stade. Le vide entre le noyau et les électrons périphériques est immense comparativement à la grandeur du nucléon. Mais qu’est-ce que le vide à cette échelle ? Puis-je imaginer le vide entre deux particules élémentaires ? Cette notion de « vide » dépasse ma capacité à interpréter un événement indépendant de ma pensée rationnelle.

Des questions se posent, tout d’abord, qu’est ce que le vide à mon échelle ? Je peux dire que, d’un corps à un autre, il existe un espace qui peut être plus ou moins grand. Si je suis au sommet d’une montagne et que j’aperçois,  par temps clair, la montagne voisine, je verrais nettement les sapins au bas des pentes ou la neige qui recouvre son sommet ; mais entre les deux, mon regard ne voit rien. Est-ce du vide ? Je pense vide,  parce que je peux tomber dans ce vide ou craindre le vide. Je sais, bien sûr, qu’il y a de l’air et des particules de poussière  en suspension, si petites soient-elles, dans ce que je nomme le vide. 

Mais je sais aussi que cet air ou ces minuscules grains de poussière qu'il contient sont formés de molécules, elles-mêmes formées d’atomes  qui, eux-mêmes, sont composés de nucléons (neutrons et protons) autour desquels tournent relativement loin (par rapport à leur dimension) des électrons et entre cela toujours du vide.

Comment dont envisager cet état de vide ? A mon niveau la question est simple ; le vide est un espace dans lequel je ne vois rien. Mais au niveau de l’infiniment petit, au niveau des particules élémentaires mon raisonnement a bien de la peine à imaginer le vide, celui-ci serait conçu comment ? C’est à ce niveau que mon raisonnement logique atteint ses limites, j’entre ici dans un domaine où les lois de la physique n’ont plus cours, j’entre dans le monde étrange  de la théorie des quanta où tous les phénomènes se déroulent hors de mon esprit logique, dans le champ quantique, qui fera l’objet d’une autre réflexion.

 

 

 

 

L'assemblage des atomes font la diversité de la matière.

L'atome d'hydrogène étant le plus simple puisqu'il est formé d'un proton au centre et d'un électron à la périphérie ; il existe une centaine d'autres atomes répertoriés dans un  tableau (tableau de Mendeleïev), ils diffèrent par leur nombre de nucléons (protons et neutrons) et leur nombre d'électrons.

Le noyau de l'atome peut être formé par des protons de charges positives et des neutrons qui n'ont pas de charge.

Protons et neutrons sont des « nucléons »puisqu'ils forment le noyau de l'atome. Il faut noter qu'il y a autant d'électrons que de protons afin de neutraliser les charges électriques des atomes ; proton  (positif) et électron (négatif) s'annulent. L'atome normal n’a pas de charge électrique, il est neutre.

Le tableau de Mendeleïev contient quatre vingt dix-huit éléments simples susceptibles de se différencier grâce aux électrons qui se répartissent dans sept couches périphériques possibles constituant ainsi autant d’atomes correspondant à un élément chimique. Chacun porte un numéro qui indique le nombre de protons dans son noyau ainsi que le nombre d'électrons dans son cortège orbital. Le numéro un est l'hydrogène, le numéro deux est l'hélium... le six est le carbone... le vingt-six est le fer... le quatre-vingt deux est le plomb, etc.

Les particules qui composent le noyau des atomes représentent 99% de la masse qui nous environne.

 

Réflexion ; quand l’extrêmement léger peut constituer l’extrêmement lourd, une question de nombre.

Les atomes sont extrêmement légers. On se rend mieux compte de cette légèreté en considérant, par exemple, qu’une bille en acier, d’un centimètre de diamètre, dont la masse est d’environ 8 grammes, contient 84 milliards de milliards d'atomes. Avec un tel nombre de grains de sable, on pourrait recouvrir toutes les plages d'Europe d'une couche de sable de plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur.

De même, la dimension totale de  l’atome, est de l’ordre de cent  millionième de centimètre. Si l’on pouvait juxtaposer des atomes de fer le long d’une ligne de un millimètre seulement,  on devrait disposer quatre millions d’atomes alignés.

 

Encore plus petit, encore plus puissant.

 Le proton positif et le neutron négatif (les nucléons) forment donc le noyau de l’atome, connaissant l’extrême petitesse des atomes, puis des nucléons, peut-on imaginer qu’il existe encore plus petit, oui, un nucléon et aussi composé de trois particules encore plus minuscules, appelées « quarks ». La force qui lie intimement ces quarks est aussi une particule que l’on appelle  « gluon ». C’est l’une des quatre forces qui assurent la cohésion de la matière.  

Le gluon est une force de très courte portée, c'est-à-dire que cette force gigantesque n’agit qu’à une très faible distance, elle peut se définir par la division suivante : 1 centimètre divisé en 10 000 000 000 000 parties, soit en 10  milliards de parties.

 

Les atomes s’associent pour former des molécules, ce sont elles qui donnent une identité à la matière.

L’exemple le plus simple est la molécule d’eau qui est composée par 2 atomes d’hydrogène et 1 atome d’oxygène (H2O).

Tous les corps de la matière sont constitués de molécules très petites, sauf celles qui composent le vivant qui sont des molécules géantes appelées  macromolécules.

Pour donner une idée de la dimension d’une molécule, considérons la molécule de sucre. Prenons un grain de sucre et écrasons-le, nous aurons d’abord des morceaux de plus en plus petits et si nous continuons à écraser les petits morceaux nous aurons du sucre en poudre, mais cette poudre vue avec un petit microscope optique présentera toujours un aspect granuleux. En fait, les petits grains formant la poudre de sucre, mêmes invisibles à l’œil nu, ne sont toujours pas des molécules de sucre.

Pour obtenir cette molécule, il faudra mettre le sucre dans un verre d’eau, quand le sucre sera totalement fondu, il sera devenu invisible, mais il n’aura pas disparu pour autant, il sera réduit en molécules. Cette opération simple nous permet de saisir plus concrètement l’extrême petitesse des éléments qui forment tout ce que nous connaissons ; c’est le nombre immense de molécules qui fait que de l’infiniment petit va naître l’infiniment grand.

 

Réflexion ; trois bases s’unissent pour créer toute la matière que nous connaissons.

 Avec trois infimes particules, le quark « u », le quark « d » et l’électron, la nature compose tout, de la bactérie à l’Univers, en passant par nous-mêmes. Ces trois particules élémentaires sont les « lettres » de la nature, de même que les lettres de l’alphabet qui s’assemblent pour former des mots, des phrases, des paragraphes, des chapitres et aussi des encyclopédies qui contiennent l’expérience humaine dans sa diversité. Ainsi, deux quarks « u » et un quark « d » forment un proton et deux quarks « d » et un quark « u » forment un neutron. Protons et neutrons forment le noyau de l’atome (le nucléon) autour duquel tourne un ou des électrons qui définissent ainsi le type d’atome (l’hydrogène pour le plus léger, ou l’uranium pour un des plus lourds). Ces atomes se groupent pour former des molécules qui sont les plus petites parties qui forment un corps. Pour prendre un exemple simple : deux atomes d’hydrogène,  plus un atome d’oxygène forment une molécule d’eau qui sous l’effet de la cohésion avec d’autres molécules d’eau constituent tous les océans, fleuves, rivières et cours d’eau de la planètes ainsi que la plus grande partie de la matière qui constitue tous les êtres vivants. 

 

Les quatre forces fondamentales de la nature ; indispensables à la cohésion du tout.

Les milliers d’interactions observées au quotidien se réduisent simplement aux combinaisons des quatre forces fondamentales de la nature décrites ci- dessous :

1. La force interactive gravitationnelle qui nous maintient sur le sol et fait que la Terre tourne autour du Soleil. C’est elle qui fait tomber les pommes et qui fait tourner la Lune autour de la Terre. La particule d’interaction associée à cette force est le « Graviton », (toutefois non découvert pour l’instant). La force gravitationnelle est de très longue portée. Elle est responsable de la création primordiale du Soleil, de toutes les planètes ainsi que des étoiles et des galaxies, en fait, de l’attraction de tous les corps de l’Univers, dont de sa structure.

2. La force interactive électromagnétique assure la cohésion de notre corps et lie les molécules entre elles. C’est elle qui attire l’électron vers le noyau atomique. La particule d’interaction associée à cette force est le « Photon ».

3. La force interactive nucléaire forte, elle unit les quarks ensemble dans les noyaux. Grâce à cette force les quarks restent fortement soudés à l’intérieur des nucléons  qui eux-mêmes restent confinés à l’intérieur du noyau atomique. La particule d’interaction associée à cette force est le « Gluon ».

4. La force interactive faible. Cette force est dite faible car elle ne se manifeste que sur des particules les plus légères. On peut imager cette force, par l’exemple suivant : deux bateliers installés chacun sur une barque, les deux barques étant espacées d’environ deux mètres, un batelier lance un ballon à l’autre qui lui renvoie, à chaque lancée la barque du lanceur reculera sur une certaine distance, plus le ballon sera lourd plus le recul sera important, si le ballon est remplacé par un boulet, le batelier ne pourra plus le lancer, c’est  sa barque qui reculera. Les particules d’échanges de cette force sont  comparables au ballon, elles peuvent agir parce qu’elles sont  extrêmement légères, les particules d’interaction associées à cette force sont l’électron et le neutrino.

 

La lumière ; ondes et particules.

La lumière, quand elle nous vient du Soleil ou des étoiles, arrive à notre œil après avoir traversé d’immenses espaces, d’où la matière est presque absente : la lumière traverse donc le « vide » sans difficulté à la vitesse de 300 000 kilomètres par seconde, soit à 1 milliard 80 millions de kilomètres par heure, elle fait huit fois le tour de la Terre en une seconde. La lumière est composée par  des corpuscules, nommées « photons » portés par des ondes dites corpusculaires.

 

Réflexion ; matière et lumière.

Le photon est considéré comme une particule élémentaire au même titre que le proton, le neutron ou l’électron.

Quand on sait qu’une ampoule électrique de cent watts émet environ cent milliards de milliards de photons par seconde, j’ai du mal à imaginer le nombre de photons émis par le Soleil en une seconde, en une heure ou en une journée.

Comme nous venons de le voir, la vitesse de la lumière est extrêmement rapide, elle est intimement liée à la matière, sans les photons, la matière, nous-mêmes et tout ce qui nous entoure seraient invisibles.

 

L’antagonisme énigmatique de l’antimatière.

Toute particule a son antiparticule : l’électron qui est négatif a son antiélectron positif ou positron, le proton a son antiproton, le neutron a son antineutron, le quark son antiquark, etc. Ces antiparticules forment l’antimatière. Le tout début de l’Univers, il y a environ 14 milliards d’années, était créé par des particules de matière et des particules d’antimatière. Les particules de matière étant légèrement supérieures en nombre, elles se sont annihilées avec les particules d’antimatière et le petit surplus a formé la matière que nous connaissons.

Au C.E.R.N. de Genève (accélérateur de particules européen installé dans un tunnel de vingt kilomètres de circonférence où sont projetées, à très vive allure, des particules élémentaires, les unes contre les autres, afin de créer d’autres particules) chaque fois que les accélérateurs de particules fabriquent un proton, ils fabriquent en même temps un antiproton et vice-versa.

 

Réflexion sur l’antimatière. 

Dans la nature, on observe une parfaite symétrie entre matière et antimatière ; heureusement d’ailleurs. Imaginons une partie de pétanque (jeu de boules provençal), un peu étrange toutefois, vous avez un joueur BN porteur d’une boule normale et un autre joueur BA possédant une boule en antimatière. Si le joueur BN tire et touche la boule du joueur BA, le choc provoquerait alors une énergie capable de détruire toute vie à la surface de la Terre. Il n’existe actuellement aucune expérience qui permette de croire que l’antimatière existe dans le monde sous forme d’atomes et bien sûr de planètes. Il n’existe pas de Monde constitué d’antimatière.

L’antimatière n’est observée que sous forme de particules isolées, qui sont produites soit par le rayonnement cosmique, soit par les grands accélérateurs de particules mais qui disparaissent en une fraction de seconde à cause d’un surplus de matière.

 

La mécanique quantique. 

La mécanique quantique, décrit l’infiniment petit, elle rend compte du comportement des atomes et de la lumière (photons) quand la gravité ne joue plus un rôle dominant. Elle ne répond pas aux lois de la physique que nous connaissons.

 

Réflexion ; un monde étrange et mystérieux qui dépasse toute logique.

Dans ce Monde quantique de l’infiniment petit, tout ce que je perçois avec mes sens, n’est valide. C’est un Monde, d’incertitude, de probabilité, l’électron  qui tourne autour du proton (hydrogène) peut se trouver à un instant donné soit à droite, soit à gauche, soit à droite et à gauche au même instant. Imaginons un voyage dans ce Monde, dans une  « forêt quantique » par exemple, les feuilles des arbres tremblotent, même  s’il n’y a pas de vent, mais elles tremblotent que si je les regarde,  je les vois parce qu’elles sont éclairées par les rayons du soleil, c'est-à-dire par des photons qui ont, dans ce Monde, un impact beaucoup plus grand que dans celui où nous vivons; ceux sont eux qui font vibrer les "feuilles quantiques".

Toutes les expérimentations scientifiques classiques sont faussées dans ce monde de l’infiniment petit ; sitôt que j’éclaire un objet, je le déplace ou je transforme sa véritable nature qui est la sienne quand il n’est pas observé.   

Pourtant ce monde étrange est aussi le mien, puisque je suis fait d’atomes et que ma vie prend sa source dans l’infiniment petit.

 

 

 

 

La théorie de la Relativité ; tout dépend de tout, le temps n’est pas le même pour tous.

La théorie de la relativité a complètement  bouleversée les idées qu’on se faisait de la physique avant Einstein (le père de la relativité).

Cette théorie considère trois critères : l’espace, le temps, et l’observateur. Elle se résume en deux structures à la fois très simples et essentielles.

La première est qu’à la vitesse de la lumière  (300 000 kilomètres par seconde) le temps est ralenti, les longueurs se contractent plus un objet est rapide plus il se contracte.

La seconde est de nature plus abstraite. Elle ne concerne pas une théorie physique en particulier, mais s’applique à toutes les lois de la nature. Il s’agit du principe de la relativité qui repose sur un fait tout simple « si l’on mentionne la rapidité ou la vitesse d’un objet en mouvement, alors il faut toujours définir avec précision qui, ou quoi, fait les mesures » quel est la place de l’observateur dans le système.

 

Réflexion sur la relativité.

Vous avez peut-être vécu cette expérience.  Installé confortablement dans un train à l’arrêt dans une gare, l’heure est matinale, à moitié somnolent, vous regardez par la fenêtre, votre champ de vision se limite à la vue d’un autre train arrêté sur la voie parallèle, vous ne voyez aucun autre élément extérieur, si ce train démarre lentement vous êtes surpris, est-ce votre train qui s’en va ? Ou bien l’autre ? Ou peut être les deux ? Si sa progression se faisait sans secousse, alors le mouvement relatif d’un train par rapport à l’autre serait absolument indétectable, si ce n’est que le sens serait toujours inversé par rapport à l’autre train.

Supposons, encore, que vous soyez dans un train sans fenêtre et que les rails soient bien plats afin d’éviter les cahots pendant la marche, si la vitesse reste constante, vous n’aurez aucun moyen de savoir que vous vous déplacer. Il n’y a absolument rien dans le compartiment qui vous permette de savoir si vous êtes immobile ou si, au contraire, vous êtes lancé à vive allure.

Einstein compris que ce principe de la relativité avait, en fait, une portée générale pour des lois de la physique.

Sans cadre de référence appelé « le référent », aucun mouvement n’est imaginable. Nous ne pouvons définir un corps en mouvement que comparativement à un autre corps. Tout objet qui se déplace, le fait par rapport à un autre objet. La Terre tourne autour du Soleil, le référent, dans ce cas, est le Soleil. Sans ce référent, il est impossible de comprendre le fait de mouvement. Si nous considérons un objet ou si nous sommes fixés sur lui, nous aurons l’impression que celui-ci est fixe et que l’autre ou  les autres objets se déplacent. On croyait, avant Copernic, que la Terre, était immobile au centre du monde « le référent, en sommes» et que toutes les planètes tournaient autour d’elle, ainsi que « le ciel ». Nous étions loin de la réalité. Non seulement la Terre tourne autour du Soleil, mais le Soleil tourne avec notre Galaxie qui se déplace dans son Groupe local de galaxies, ce Groupe se déplace par rapport aux autres groupes, en fait le mouvement n’existe que par le déplacement d’un ou de plusieurs objets les uns par rapport aux autres.

 

Réflexion à l’échelle du vivant.

La Relativité, qui décrit pourtant les phénomènes à notre échelle, interpelle notre pensée routinière. Peut-on imaginer que si nous avions la possibilité de voyager dans le cosmos avec une fusée dont la vitesse serait proche de celle de la lumière, le temps, pour nous, ne passerait pas de la même façon que pour une autre personne restée sur Terre. La Relativité affirme que si nous partions, par exemple, à l’âge de trente ans, pour un voyage dans le cosmos à une telle vitesse et que ce voyage dure cent ans, à notre retour sur Terre, nous n’aurions vieilli que d’environ dix ans. Alors qu’elle serait notre surprise !  Nous ne reconnaîtrions plus tout ce que nous avions connu et les nouvelles techniques dépasseraient tous les progrès scientifiques que nous aurions pu imaginer avant notre départ. Que penserait une personne âgée de 30 ans  en 1 905 (années de la découverte de la Relativité par Einstein) qui serait parti dans un tel voyage ? A son retour en 2 005, elle aurait 40 ans, elle serait bien étonnée de voir, sur un téléviseur, des images en couleurs provenant d’un lieu distant de milliers de kilomètres au même moment où les événements se produisent. Quelle impression lui donnerait le fait de rencontrer les petits enfants de son frère jumeau qui seraient devenus des vieillards ?

Puisque le temps n’est pas le même pour tous ; la vieillesse de mon père est ma jeunesse à moi et l’enfance de mon fils, la question se pose alors ; qu’est-ce que le temps ? Serait-il créé par mon imagination ? Ou serait-il le fait du fonctionnement de mon cerveau qui enregistre les phénomènes que je perçois avec un certain retard dû à la circulation de mon influx nerveux le long de mes fibres nerveuses axonales et mes connections synaptiques ?

Quand je vois un objet, un verre d’eau par exemple, mon système visuel transmet l’image à une certaine zone, vers l’arrière de mon cerveau, qui reconnaît le verre d’eau, cette zone répond à la question « quoi », cette image est transmise à une autre zone  vers l’avant du cerveau qui situe le verre sur la table, elle répond à la question « où ». Je me trouve ici dans une situation d’actions séquencées qui me donnent une impression de temps, qui à l’échelle de mes fonctions cérébrales inconscientes se déroulent dans le  Monde quantique intérieur qui ne répond plus aux lois qui régissent le Monde classique à mon échelle.

Maintenant que nous avons vu sommairement comment se structure la matière nous comprendrons mieux, comment elle a pu se créer, c’est le sujet du prochain article.

  Suite: Article 2A.

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 17:39

 Article 2A.

 Comprendre le Monde afin de me situer dans mon environnement

 Le deuxième article de cette première partie traitera de la création de l’Univers.

 La formation de l’Univers. La théorie du Big Bang.

L’infiniment petit crée l’infiniment grand. La notion du début de l’Univers est un questionnement que se sont posés les penseurs et les philosophes de tous les temps. La théorie qui décrit le mieux l’origine de l’Univers est celle du Big Bang. D’après cette théorie, l’Univers est né il y a environ quinze milliards d’années dans une « explosion » fulgurante à partir d’un état initialement infime, très chaud et très dense, qui aurait également donné naissance à l’espace et au temps. Depuis cette création, l’Univers est en expansion et s’est continuellement dilué et refroidi.

Mais comment sait-on ce qui s’est passé il y a quinze milliards d’années ?  En1929 l’astronome américain Edwin Hubble a observé que les galaxies fuyaient la nôtre « la voie lactée » (une galaxie est composée de milliards d’étoiles). Plus curieux encore, elles fuyaient d’autant plus vite qu’elles étaient plus éloignées : une galaxie dix fois plus distante s’éloignait dix fois plus rapidement. On en déduit que toutes les galaxies ont mis exactement le même temps pour parvenir de leur point d’origine à leur position actuelle. Imaginons une inversion du mouvement : en reprenant leurs trajectoires en sens inverse toutes les galaxies se rencontreraient à un même point de l’espace, au même instant. D’où l’idée d’une « grande explosion » (le Big Bang) à partir d’un état extrêmement compact, suivie d’une expansion continuelle de l’Univers. Cette explosion, toutefois, ne peut être envisagée comme ponctuelle, comme nous le constatons maintenant lors de l’explosion d’une bombe, mais comme une explosion qui a lieu en tous points de ce mini espace primitif.

La science actuelle ne nous  permet pas de remonter jusqu’au temps d’avant cette « explosion », le temps d’ailleurs n’existait pas ; puisqu’il a été créé, avec l’espace, par le Big Bang. Sitôt que deux particules ont été créées, l’espace-temps est apparu, en effet, entre deux corps il y a un espace qui ne peut être parcouru que par un certain temps. Si je me rends d'une ville à une autre, en voiture, il me faudra un certain temps pour parcourir cette distance.

La question se pose alors : comment un point aussi infime peut-il créer un Univers incommensurable ?

Pour l’instant, il existe un mur de la connaissance qu’on ne peut pas franchir, c’est le mur de Planck (physicien allemand qui s’est penché sur ce problème). Ce mur survient au temps infime appelé temps de Planck  qui est de 1 seconde divisée en 1 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 parties (1 suivi de 42 zéros). A ce temps, l’Univers était alors dix millions de milliards de milliards de fois plus petit qu’un atome d’hydrogène. Son diamètre était, aussi, égal à la longueur de Planck, cette longueur représente 1 centimètre divisé en

100 000 000 000 000 000 000 000 000 000  000 de parties (1 suivi de 32 zéros).

Comment se sont créés les premiers atomes dans ce mini univers?

Il faut considérer la température énorme de dix milliards de degrés kelvin qui régnait aussitôt après le Big Bang. Les particules du gaz cosmique s’agitaient avec des énergies considérables. A une telle température, l’agitation thermique, des particules élémentaires, est tellement forte que la force nucléaire ne réussit pas à maintenir une cohésion suffisante des noyaux atomiques qui se décomposent alors en protons et en neutrons indépendants.

A cette époque, le monde est constitué d’une « soupe » homogène de quarks parmi  lesquels foisonnent librement des électrons, des neutrinos, mais pas de noyaux atomiques.

Vers le milliard de degrés les quarks forment les neutrons et les protons qui peuvent se combiner pour former les premiers noyaux atomiques légers. 

Le refroidissement de l’Univers met rapidement fin à cette période d’activité nucléaire du cosmos. Grâce à la chute rapide de la température, une fraction du noyau léger est préservée. La suite de l’évolution de l’Univers dépend de la densité des nucléons (neutrons et protons) créés seulement lors des trois premières minutes du Big Bang.

 

Réflexion sur la naissance de la matière primordiale qui a créé le temps et l’espace.

La science est uniquement basée sur l’expérimentation. La principale preuve de la théorie du Big Bang a été apportée par le satellite Cobe de la NASA qui a pris le cliché du rayonnement fossile de l’Univers primitif. C’est la plus vieille image du monde, elle nous montre un Univers plus dense et plus chaud qui devait donc être plus lumineux. En remontant suffisamment loin dans le passé, on atteindrait une ère éblouissante, nous dit l’astrophysicien Georges Gamow vers 1950. Une parenthèse doit être ouverte pour comprendre son raisonnement. L’astrophysicien possède un avantage unique, grâce à des puissants télescopes, il peut remonter le temps et voir en direct le passé de l’Univers. Cet avantage lui vient que la lumière met un certain temps pour aller d’un point à un autre. A notre échelle, sa vitesse paraît extrêmement rapide, puisque nous le savons, elle est de 300 000 kilomètres par seconde, elle peut faire huit fois le tour de Terre en une seconde, mais à l’échelle de l’Univers incommensurable, elle paraît lente. Un rayon qui nous vient du Soleil, par exemple, met huit minutes pour arriver à notre œil, la lueur de la galaxie d’Andromède, la plus proche de nous, met deux millions d’années pour nous parvenir. C'est-à-dire que les photons de la galaxie d’Andromède, que nous voyons maintenant, ont été émis, par elle, bien avant l’apparition de toute civilisation, plus nous regardons loin plus nous regardons dans le passé.  

Les photons provenant des galaxies, les plus lointaines, visibles dans les plus puissants télescopes voyagent depuis plus de dix milliards d’années, bien avant que ne soit créé notre système solaire. Le record est détenu par les photons du rayonnement fossile, d’environ quatorze milliards d’années, découvert par le télescope du satellite Cobe.

 

 

 

Mais quel est donc ce rayonnement fossile ?

 Rappelons encore le raisonnement de Gamow ; «si l’image d’un Univers en refroidissement, suggérée par le mouvement des galaxies est juste et si la remontée dans le passé jusqu’à l’ère ardente est justifiée, alors il doit exister dans l’Univers actuel une trace de cette époque sous forme de rayonnement millimétrique ». 

En effet, en 1965, Penzias et Wilson découvrent, par hasard, l’existence d’un rayonnement ancien appelé rayonnement fossile universel à la même température. Dans ce rayonnement fossile, émis il y a quatorze milliards d’années, des photons, détectés par des radiotélescopes, qui voyagent à travers l’espace depuis cette période véhiculent jusqu’à nous la plus vieille image du monde, c'est-à-dire la configuration du cosmos dans le plus lointain passé qui nous est accessible. 

 L’étude de ce rayonnement révèle une propriété étonnante. Sa température est la même dans toutes les directions de l’espace que nous voyons.

Cette image du cosmos ancien nous révèle une température, extrêmement homogène, et surtout ayant les mêmes valeurs en tout  point observée.

Nous voyons là, la preuve de l’évolution de l’Univers depuis, le Big Bang, il y a quatorze milliards d’années, car si les écarts de température vont en se refroidissant avec le temps, on retrouve la température uniforme qui existait à l’époque du Big Bang.

Notre monde actuel, si riche et si contrasté en température, comparativement au rayonnement fossile à température constante, nous permet de considérer l’évolution de l’Univers du simple au complexe.

Une singularité infime, miniscule point de 10 milliards de degrès, a engendré les atomes, les étoiles, les galaxies qui composent le Monde que nous connaissons.

 

 

 

 

 Cliché du rayonnement cosmique créé par le Big Bang, il y a 14 milliards d'années environ, pris par le satellite Cobe.

 

 

 

 

Ainsi a débuté la complexité qui devait se poursuivre jusqu’à nous.

Quelques minutes après le Big Bang les principales particules élémentaires sont créées. De ces particules est née la matière.

Au début de l’Univers, il existait une « soupe » composée de quarks et d’électrons qui circulent librement, un flux de gluons assurent la cohésion des quarks pour former des nucléons (protons et neutrons).

Ensuite, nucléons et électrons forment à leur tour des atomes d’hydrogène, ces quelques noyaux d’hydrogène ont fusionnés pour former du deutérium (un proton et un neutron), puis de l’hélium et du lithium, mais l’Univers s’est si rapidement refroidi qu’aucun autre élément n’a pu se former. En effet, en moins de cent secondes, il baignait dans un bain de moins d’un million de degrés, une température trop basse pour que des réactions de fusion nucléaire puissent se dérouler. Mais cela suffi pour former un océan de matière constituée d’environ 76% d’hydrogène, 24% d’hélium-4 et quelques éléments légers. La chaîne s’est arrêtée là. Cette proportion est à peu près celle que l’on retrouve aujourd’hui dans notre environnement galactique. C’est cette matière primordiale qui a formée des nébuleuses qui se sont concentrées de plus en plus par l’effet de la gravitation pour former un gaz qui s’est condensé à son tour jusqu’à former une étoile.

 

Réflexion sur la Température maîtresse d’œuvre.

Nous avons vu de l’importance de la température dans la création de l’Univers, aussi il est intéressant de définir la notion de température qui impose sa loi partout, aussi bien dans l’état de la matière que dans le fonctionnement des être vivants.

Pour les physiciens, la température est une grandeur couramment utilisée pour décrire un milieu. En réalité, elle mesure l’agitation moyenne des particules qui composent les corps : celle des atomes pour un corps simple ou des molécules pour un corps composé.

Bien que cette grandeur soit déterminée par l’agitation des particules, elle ne peut s’appliquer qu’au grand nombre : le mouvement d’une seule particule n’a aucun sens, mais les mouvements des atomes les uns par rapport aux autres définissent la notion de température.  La température d’un seul atome n’a de sens que si celui-ci est en contact avec une collection d’atomes.

Plus les atomes sont capables de se déplacer dans tous les sens, exhibant des mouvements de translation, de vibration et de rotation, plus la température est élevée.

La température se mesure, bien sûr, avec un thermomètre. Deux types de graduation peuvent porter la mesure de la température, chacune porte le nom de son inventeur. Celle de Celsius qui remonte vers 1742, elle comprend cent graduations entre deux points fixes : zéro pour la température de la glace fondante et cent pour celle de l’eau bouillante à pression atmosphérique.

L’autre mesure de la température est l’œuvre de William Thomson en 1852 qui deviendra plus tard lord Kelvin.

Etudiant la machine à vapeur Thomson avait remarqué que la chaleur échangée pour créer de l’énergie ne dépend que du rapport entre la température de la source chaude (la chaudière) et celle de la source froide (l’atmosphère). Thomson a déterminé la température qui permet le meilleur rendement, elle est de moins 273,15 degrés celsius. L’échelle absolue des températures se définissait donc à moins 273,15 C, c’est le zéro absolu défini par la graduation de Kelvin. Le choix du zéro absolu facilitera considérablement les études en physique, il évite en outre les températures négatives. 

La graduation des températures se fera en Kelvin (K) principalement pour les hautes températures que l’on trouve dans les étoiles.

Au zéro absolu, tous les atomes sont presque immobiles, mais ils restent toutefois animés des mouvements de vibration ; de rotation et de translation qui les caractérisent ; ils se trouvent tous dans le même état.

 

Des nébuleuses aux étoiles.

Comment les nébuleuses (nuages énormes de poussières) peuvent former des étoiles ? Il faut tout d’abord noter que la matière que nous connaissons se manifeste par trois états classiques : solide, liquide, gazeux. Mais elle peut se constituer aussi sous une autre forme celle du plasma qui composait l’Univers primordial à très haute température.

Rappelons que la matière est composée d’atomes (nucléons positifs -protons- ou neutres -neutrons- entourés  d’électrons négatifs). La charge électrique totale des électrons étant égale à la charge des nucléons, l’atome est électriquement neutre.

L’atome soumis à une énergie extérieure, la chaleur par exemple, peut perdre à cause d’une forte agitation des molécules, un ou plusieurs électrons et, de ce fait, devenir un « ion » chargé positivement. On dit alors que l’atome est ionisé. A une certaine température, un gaz contient des protons positifs, des électrons négatifs à l’état libre et des atomes neutres restés intacts. Si la température est suffisamment élevée, le gaz peut être totalement ou presque totalement ionisé (toutes les particules élémentaires sont libres) on a alors un plasma.

La formation d’une étoile exige la mise en oeuvre de mécanismes susceptibles de concentrer considérablement de la matière. Seule la force de gravité est capable de mener à des taux de compression gigantesque la matière des nébuleuses, la matière se condense de plus en plus fortement sous l’effet de la gravitation.

L’agitation thermique des molécules et des mouvements turbulents des gaz développent de leur côté une pression qui s’oppose à la tendance de la contraction qu’impose la nature de la force gravitationnelle. C’est quand cet équilibre est rompu en faveur de la gravité qu’une étoile est à même de se former.

 

Les étoiles ; visiblement toutes pareilles et pourtant si différentes.

 Il existe plusieurs types d’étoiles :

Les étoiles bleues qui ont une température de surface de 30 000° sont des étoiles très chaudes, il existe toute une gamme d’étoiles de couleurs différentes qui dépendent de leur température de surface, les étoiles rouges étant les plus froides avec une température de 3 000° en surface. L’Univers est formé aussi de corps incroyablement diversifiés.

 

Réflexion sur la diversité des corps stellaires.

Il existe des étoiles super géantes, comme alpha de la constellation d’Hercule, dont le volume est, d’au moins, cent millions de fois celui du Soleil. Mais le record de gigantisme connu appartient vraisemblablement à la composante de l’étoile double epsilon de la constellation du Cocher car son rayon vaut 3 000 rayons solaires, ce qui correspond à un volume de 27 milliards de fois plus grand que celui du Soleil. Cette étoile contiendrait facilement le système solaire jusqu’à l’orbite d’Uranus comprise.

A l’extrême aussi les naines blanches présentent un grand intérêt. Ce sont des étoiles très chaudes d’un diamètre très faible, il peut parfois dépasser celui de la Terre ou même moins. Comme la masse de ces étoiles n’est guère inférieure à celle de toute  autre étoile , leur densité est extraordinairement élevée, une cuillère à café de la matière, qui compose ces étoiles, pèse une tonne et jusqu’à cent tonne pour certaines. Les naines blanches ne sont pourtant pas rares, leur pourcentage peut être de 10 pour cent.

Il y a bien d’autres phénomènes dans le cosmos qui dépassent notre entendement et qui se déroulent au-delà du système solaire.

Voyons par exemple les supernovae qui émettent des quantités d’énergie gigantesques ce sont des étoiles dont la luminosité augmente très rapidement et décroît ensuite lentement, on a donc affaire à des étoiles qui entrent en éruption ou explosent.

L’énergie libérée en quelques instants par l’explosion d’une supernova est considérable, elle représente l’équivalent de toute l’énergie qui serait rayonnée par le Soleil pendant neuf milliards d’années (c’est- à-dire pendant toute sa vie) ; énorme quand on sait que l’âge du Soleil est de quatre milliards cinq cent millions d’années. La matière éjectée par l’explosion peut atteindre parfois la vitesse de 20 000 kilomètres par seconde, selon le cas la supernova expulse entre une et dix masses solaires de gaz. Les supernovae sont, en fait, le creuset dans lequel se fabriquent tous les éléments lourds nécessaires à la création des planètes et aussi des éléments qui nous composent. C’est à l’explosion d’une supernova primitive qui a formée la matière qui a constituée tout le système solaire, nous  y compris.

 

Réflexion ; une densité qui dépasse toute imagination; les trous noirs.

Par suite de l’effondrement gravitationnel du cœur de l’étoile, lorsque la compression gravitationnelle n’est plus compensée par les forces de répulsion des électrons ou des neutrons dégénérés, la gravitation continue à écraser indéfiniment la matière sur elle-même : des trous noirs se forment. Le trou noir, stade ultime de l’effondrement gravitationnel, est caractérisé par un puits tellement profond que rien ne peut s’en échapper, ni particule, ni rayon lumineux, c’est pour cette raison qu’ils sont appelés trous noir ; en outre, toute matière tombant dans le puits d’un trou noir doit disparaître à jamais de l’Univers observable.

Les propriétés des trous noirs sont si spectaculaires qu’elles ont longtemps nuit à la crédibilité de la théorie. Celle-ci prédit notamment l’existence possible des trous noirs de toutes tailles et de toutes masses : les mini trous noirs auraient concentré dans le volume d’une particule élémentaire comme le neutron, la masse d’une montagne ; un trou noir gros comme une bille serait aussi massif que la Terre ; les trous noirs stellaires aurait des masses comparables à celle des étoiles, pour un rayon de quelques kilomètres seulement ; enfin les trous noirs géants rassembleraient une masse équivalente à celle de plusieurs centaines de milliards d’étoiles dans une sphère comparable à celle du système solaire.

 

Les galaxies ; incroyable pluralité des mondes en expansion.

En observant le ciel nocturne très pur, non éclairé par la Lune, nous pouvons voir à l’oeil nu la galaxie la plus proche de nous, elle est appelée la nébuleuse d’Andromède. Cette galaxie ainsi que « la Voie Lactée », notre Galaxie, sont formées par des milliards d’étoiles tellement éloignées de nous que nous ne voyons que des traces laiteuses.

Il existe des milliards de galaxies comme la nôtre qui forment des groupes appelés « amas de galaxies ». Les amas les plus lointains observés, avec des télescopes installés sur des satellites, sont à 12 milliards d’années-lumière de nous, ils ont des vitesses de fuite de plus de 10 000 kilomètres par seconde. La vitesse de fuite des galaxies traduisant l’expansion de l’Univers, se superpose, à cela, la vitesse propre des galaxies soumises au champ gravitationnel de l’amas, c’est la vitesse de dispersion. Tout se passe comme si l’Univers se dilatait. Plus elles sont loin de nous, plus  les galaxies semblent entraînées dans des vitesses toujours plus rapides.

Il existe, aussi, des galaxies, dont le noyau central brille d’un éclat extraordinaire, on les appelle des quasars. Leur source lumineuse est située dans un volume relativement réduit (comparable à celui du système solaire) cette source émet plus d’énergie que notre Voie Lactée toute entière. Il y aurait un trou noir au centre de ces galaxies. Plus nous regardons loin avec les grands télescopes, plus nous en voyons. Le plus gros de leur population se trouve entre 10 et 14 milliards d’années-lumière. Nous voyons actuellement ces quasars tels qu’ils existaient quand l’Univers avait à peine 1 ou 4 milliards d’années.

La création des quasars semble correspondre à une phase primaire de l’évolution de certaines galaxies. Ce phénomène semble démontrer que toutes ces galaxies quasars sont nées en même temps, peu après le Big Bang.

Notre petite place dans le vaste Univers. Le système solaire ; les planètes et leurs satellites, monde froid que réchauffe le Soleil, astre central.

Il faut noter tout d’abord que les planètes ne brillent pas par elles-mêmes, mais sont éclairées par le Soleil. C’est pour cette raison que nous ne voyons pas les planètes éventuelles des autres étoiles très éloignées de nous.

 Echelle comparative des grandeurs des 9 planètes qui tournent autour du Soleil, ce sont, dans l’ordre, de la plus proche à la plus éloignée (représentées ici de gauche à droite), Mercure qui gravite à 58 millions de kilomètres, Vénus, la Terre, Mars et les plus grandes ; Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et enfin la dernière Pluton qui gravite à une distance moyenne de 5 914 millions de kilomètres du Soleil. Un segment du Soleil est représenté en bas de l’image, Compte tenu de sa grandeur, il ne peut pas être représenté entièrement sur l’image.

Réflexion ; tout change, tout se transforme.

La Terre qui me semble immense ne représente pourtant, comparativement, qu’un modeste point à la surface du Soleil (troisième point à partir de la gauche sur le schéma). Elle pourrait disparaître dans celui-ci, sans changer grand-chose à sa structure et à son aspect.

La terre que nous connaissons, actuellement a été modelée par ses mouvements internes ce sont des phénomènes cachés qui se déroulent très lentement à notre échelle, mais qui se manifestent parfois brusquement occasionnant les catastrophes telles que les tremblements de Terre ou autres tsunamis.

Nous savons que la Terre s’est formée par concentration de matière et bombardement intense des météorites. Il y a environ 4 milliards 500 millions d’années, sa température était alors très élevée. En refroidissant, il y a environ 3 milliards 500 millions d’années, quand la température avait chutée, l’eau recouvre le sol, les premières formes de vie apparaissent dans l’eau.  A environ 2 milliards d’années, l’oxygène dégagé par les bactéries (photosynthétiques) finit par s’accumuler dans l’atmosphère. Entre 800 millions à 600 millions d’années la surface de la Terre, qui était un seul et même continent « la Pangée », commence à se disloquer en deux continents la partie nord « la Laurasie » et la partie sud  « le Gondwana ».

Ce mouvement est appelé «dérive des continents », mouvement extrêmement lent à notre échelle, en effet, nos continents actuels font parties de cette Pangée qui s’est scindée et dont les fragments de la Laurasie et du Gondwana dérivent toujours  imperceptiblement, mais constamment à la surface de la Terre.

Nous pouvons voir sur une mappemonde que les contours des continents actuels peuvent s’encastrer comme un puzzle, la côte Est de L’Amérique du Sud correspond à la côte Ouest de l’Afrique, l’angle arrondi du Brésil comble exactement le golfe de Guinée, les côtes ouest de l’Europe et des Etats-Unis peuvent s’emboîter l’une dans l’autre à condition de les faire pivoter un peu sur elles-mêmes.

L’Amérique du Nord et le Groenland étaient autrefois liés à l’Eurasie, avant de partir à la dérive. Le Groenland s’est alors échoué à son emplacement actuel, alors que l’Amérique du Nord poursuit sans lui sa marche vers l’ouest. Le reste du Gondwana dériva vers le pôle Sud et fut recouvert de glace.

On associe des chaînes montagneuses, qui se font face de chaque côté de l’océan Atlantique car elles ont le même âge géologique et la même structure rocheuse. La preuve la plus évidente est due à la découverte du même  magnétisme fossile présent lors de la première formation des roches dans lesquelles des particules d’oxyde de fer magnétique s’alignèrent dans une direction Nord-Sud, comme des aiguilles d’une boussole pointant vers le Nord avant le durcissement des roches.

Les déplacements des continents proviennent des courants de convection du manteau et de la radioactivité du centre du globe extrêmement chaud. Ces courants montent à travers le manteau d’une profondeur 3 200 kilomètres et courent horizontalement en surface, ils replongent vers le centre de la Terre effectuant ainsi un circuit semblable à deux énormes roues.

La dérive des continents s’effectue à la vitesse moyenne de 8 centimètres par an, ceux qui est vraiment imperceptible à notre échelle. Les distances paraissent stables, même à l’échelle d’un siècle (8 mètres).

 

Notre époque interglaciaire.

Depuis que la Terre existe sa morphologie et son climat sont instables. Depuis un million d’années, le climat enchaîne des alternances glacière et interglaciaire, au rythme d’environ tous les 100 000 ans. Le cycle actuel a atteint son maximum glacière il y a quelque 21 000 ans. L’Europe du Nord et l’Amérique du Nord étaient alors recouverts d’énormes glaciers continentaux « les inlandsis » dont la superficie dépassait les 50 000 kilomètres carrés et de 2 à 3 kilomètres d’épaisseur. Ces étendues gelées s’étiraient jusqu’au Nord de l’Allemagne, des Pays-Bas et de Grande Bretagne, et atteignaient New York. Au total, la surface de la Terre comptait quelque 50 millions de kilomètres cubes de glace de plus qu’aujourd’hui. Le niveau des océans était plus bas de 120 mètres el l’air à la surface de la Terre, en moyenne globale, plus froid de 5° C. La teneur en CO² était de moitié sa valeur actuelle. L’interglaciaire que nous connaissons aujourd’hui s’appelle « l’Holocène »  qui a commencé il y a environ 10 000 ans. Cet interglaciaire a culminé aux alentours de moins 6 000 ans ; durant ce maximum climatique, il faisait de 1 à 2 degrés de plus qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était plus élevé de quelques mètres. 

 

Réflexion ; notre place dans l’Univers.

Nous voyons que tout dépend de tout, tout est lié. Une modification introduite  dans le système peut avoir des conséquences imprévisibles.

La matière, que nous connaissons, est constituée avec des particules élémentaires qui elles-mêmes sont organisées en structures atomiques. Les atomes s’organisent et s’assemblent pour former diverses molécules. Nous retrouvons cette structure de la matière dans l’ensemble visible de l’Univers à une distance de plus de 13 milliards d’années lumière. Ces considérations dépassent notre entendement primaire qui ne perçoit que les phénomènes superficiels et illusoires enregistrés par nos sens. Admirer un coucher de Soleil un soir d’été au bord de la mer peut créer en nous un bonheur intense, mais comprendre le pourquoi de ce phénomène et le fait que nous faisons partie de ce tout, nous permettra de nous situer agréablement dans ce monde souvent incompréhensible et dénué de sens pour certains.

Les phénomènes atmosphériques qui parfois nous surprennent dans notre quiétude et qui ont des conséquences catastrophiques, prouvent que nous vivons sur une planète en perpétuelle évolution, de même que l’Univers dans son ensemble. Rien n’est fini, tout est en mouvement, tout se transforme et disparaît à nos sens, l’instabilité de la matière a une conséquence directe sur la constante apparente du phénomène que nous appelons la vie.

Suite: Article 1B.  

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 17:14

Article 1B.

Le phénomène de la vie; l'impression de la complexité.

 Le premier article de cette seconde partie traitera de l’apparition de la vie et de la complexité du vivant.

 

La constitution du vivant.

Nous savons que les quarks et les électrons forment la structure intime de la matière. Les quarks s’assemblent pour composer les protons et les neutrons qui eux-mêmes forment le noyau de l’atome. Les électrons tournent autour du noyau ; l’ensemble constitue l’atome. Le nombre de protons et de neutrons du noyau défini l’élément atomique, du plus léger (l’hydrogène) au plus lourd (l’uranium) pour les éléments stables appelés aussi corps simples ou éléments naturels, ceux-ci étant  répertoriés dans une table d’une centaine d’éléments, table élaborée par le chimiste Russe Mendeleïev.

Les différents atomes se combinent pour former des molécules qui s’assemblent à leur tour pour former les corps dits composés ; par exemple, une molécule d’eau contient 3 atomes,   soit 2 atomes d’hydrogène  plus 1 atome d’oxygène (H2 O). La molécule de la matière inanimée est si minuscule, qu’une simple goutte d’eau peut en contenir plusieurs millions.

Contrairement aux molécules de la matière inerte, qui ne sont composées, au maximum que de 13 atomes, il apparaît que les molécules, de la matière vivante, peuvent contenir plusieurs centaines d’atomes. Nous retrouvons encore ici, les extrêmes que nous avons rencontrés, aussi bien, dans l’immensité de l’Univers que dans l’infiniment petit.

La complexité de la matière vivante est d’un type particulier, en ce sens, que les divers éléments simples, qui la composent, ne sont pas représentés dans les mêmes proportions que dans la matière inerte. Les principaux éléments de la matière animée sont l’hydrogène, le carbone, l’oxygène et l’azote, ces éléments peuvent donner lieu à des combinaisons extrêmement nombreuses qui forment ainsi la matière biologique (protéines, acides aminés, etc.). Les fonctions biologiques sont commandées par des « hormones », substances capables de déclencher à distance des processus organiques par leur seule présence.

Cette matière vivante est constituée exclusivement des cellules, qui sont de véritables petits organismes vivants complexes qui respirent, digèrent, engendrent des sécrétions, se reproduisent et dont la vie interne se double d’une activité au service d’un organisme, il est remarquable, qu’à ce titre, elles puissent acquérir une étonnante spécialisation, en effet, les cellules d’une même souche, à l’état embryonnaire, se différencient pour constituer soit un cœur, ou un estomac, ou un foie, ou tout autre organe.

La cellule est une unité qui est entourée d’une membrane dont la forme varie continuellement, elle est constituée d’une matière visqueuse appelée « cytoplasme » dans laquelle baignent de nombreux « organites », éléments vitaux de la cellule. Le centre est composé d’un  ou plusieurs noyaux qui baignent dans le cytoplasme et se déplacent au gré des courants  cytoplasmiques.

Le ou les noyaux contiennent un suc nucléaire dans lequel baignent des filaments constitués de fibrilles d’ADN (acide désoxyribonucléique), cet ADN est composé de molécules géantes en forme d’échelle en doubles hélices reliées par des barreaux appelés nucléotides. Constituant essentiel des chromosomes qui régissent le monde vivant, l’ADN est infiniment complexe, par le jeu de ses « chromosomes » et de ses gènes il transmet l’héritage biologique de l’espèce.

 

Du simple au complexe.

La vie est apparut sur Terre, il y a plus de 3 milliards d’années. Plusieurs hypothèses ont été élaborées pour expliquer le phénomène de la vie. Nous retiendrons l’expérience du chimiste Miller, datant du milieu du XXème siècle, expérience qui peut s’expliquer ainsi : Miller créa, dans un ballon en verre, une mini atmosphère dont la composition devait être identique à celle qui entourait la Terre, il y a environ 3 milliards d’années. Il soumis cette atmosphère à des décharges électriques imitant ainsi les éclairs continuels qui sillonnaient le ciel à cette époque. Après quelques jours de ce traitement Miller découvrit dans son ballon expérimental  la présence d’acide aminée qui constitut la base de la matière vivante. D’autres expériences suivirent celle de Miller qui firent naître des acides nucléiques. Pour certains chimistes contemporains, la vie serait apparue dans des feuillets d’argile soumis aux conditions qui régnaient sur la Terre à cette époque ; l’argile serait donc la matrice de la vie.

D’autres hypothèses privilégient la chute de météorites ou de comètes qui auraient ensemencé la Terre de matière organiques extraterrestres (panspermie).  Quoi qu’il en soit, la vie qui apparaît sur Terre, à cette époque, se borne à des cellules sans noyaux, qui se trouvent encore parmi nous et même en nous puisque l’intestin d’un seul homme, en contient plus que n’existe d’êtres humains sur Terre. Certaines de ces cellules primitives vont évoluer du relativement simple au plus complexe, en capturant un noyau. Les cellules qui ont capturé un noyau central les (eucaryotes), forment des animalcules unicellulaires, tels les « protozoaires » qui se propulsent dans l’eau stagnante avec des flagelles ou des cils vibratiles actionnés comme des rames. Ces protozoaires existent encore, nous pouvons les voir se déplacer rapidement dans une goutte d’eau disposée sur une plaquette de verre placée sur la platine d’un petit microscope optique. Il est très facile d’observer des protozoaires, ils sont partout, dans l’air, dans de l’eau douce ou de mer, l’eau qui séjourne dans un pot de fleurs en contient des milliers. Comment s’explique ce phénomène ? Nous savons depuis Pasteur qu’il n’y a pas de générations spontanées, rien ne vient de rien, l’eau où macèrent les végétaux en putréfaction (tiges des fleurs, ici) favorisent la prolifération des bactéries, déjà présentes sur les végétaux, qui apparaissent les premières et qui forment un voile blanchâtre à la surface de l’eau. Les protozoaires qui se développent ensuite dévorent les bactéries.

Tous ces mini-organismes ont été apportés dans l’eau, par l’air ou par les plantes qui les contenaient à l’état latent. Comme les bactéries dans le corps, ils se développent rapidement dans un milieu favorable.

Les cellules vivantes peuvent être « aérobies », elles ont besoin d’air pour vivre, ou « anaérobies », elles n’ont pas besoin d’air pour vivre.

 

Réflexion sur le vivant.

Existe-t-il une frontière entre l’inanimé et le vivant ? Prenons l’exemple de la  mosaïque du tabac, qui est une maladie  occasionnée par un virus qui se développe sur les feuilles de plans de tabac créant ainsi de nombreuses taches en expansion. Si on isole une très grande quantité de ces virus, dans une ampoule de verre hermétiquement fermée,  sans aucune trace d’eau, ils  forment une  poussière extrêmement fine que l’on pourra conserver intacte, sans aucune modification, ni nourriture, pendant des milliers d’années. Les virus resteront inactifs à l’état d’une poudre minérale. Si l’ampoule est ouverte, après un temps très long, et que la poudre soit répandue sur un plan de tabac humide, les virus reprendront aussitôt leur activité et  développeront la maladie sur ce même plan, ils revivront après un temps de latence, pouvant être extrêmement long . Des questions se posent alors, qu’elle est cette mémoire qui fait que, après un temps considérable, un corps inerte, à l’état de minéral, devient un être vivant pouvant se développer et se reproduire ? Où se trouve donc la frontière entre l’inerte et le vivant dans le monde de l’infiniment petit ?  

Encore aussi surprenant, nous savons, maintenant, qu’il existe des animalcules qui peuvent vivre normalement au fond des océans, près des cratères de volcans sous-marins, où la température dépasse les plus 120 degrés Celsius, ou que certaines vivent aussi dans les glaces du Groenland à des températures extrêmement basses. On appelle ces êtres vivants des « extrémophiles ».

Les êtres unicellulaires se reproduisent en se scindant en deux parties, chacune des parties se scindant ainsi indéfiniment, éternellement comme on le croyait encore en 2005 (des travaux de recherche récents démontreraient que la bactérie vieillirait après cent générations ?).

 

L’organisation de l’individualité spécifique.

Quelques cellules se sont groupées pour créer des êtres organisés, les multicellulaires, qui composent les êtres complexes du règne végétal et du règne animal. Chez l’animal, c’est le nombre immense de cellules qui s’agencent sélectivement pour former un organisme complet et indépendant.

Des milliards de cellules se structurent pour former un organisme. Les formes de cet organisme diffèrent suivant les espèces        

Le squelette articulé, des vertébrés, prend diverses formes compte tenu de  l’intérêt évolutif de l’espèce concernée. Le squelette a pour fonction de soutenir la masse musculaire et de protéger les organes fragiles (comme le cerveau protégé par la boîte crânienne) ainsi que de permettre les mouvements articulaires.

L’organisation fonctionnelle du vivant est érigée en systèmes spécifiques suivants :

·          Respiratoire, pour l’approvisionnement de l’oxygène des cellules et le rejet du gaz carbonique.

·          Cardio-vasculaire, composé par le cœur et les vaisseaux. Le cœur peut se comparer sommairement à une pompe centrale qui propulse dans les artères le sang pur (rouge) destiné à alimenter en oxygène et en divers produits (nutritifs, immunitaires, hormonaux…) tous le organes ; c’est la grande circulation. Le cœur propulse aussi vers les poumons, le sang vicié (foncé) par les déchets rejetés par les cellules de tout l’organisme, afin que ce sang soit purifié et rechargé en oxygène par l’appareil respiratoire ; c’est la petite circulation.

·          Digestif, qui transforme les aliments ingérés en énergies physique et psychique indispensables  à la vie.

·          Protecteur, c'est-à-dire la peau, qui protège l’organisme du contact direct avec le milieu ambiant hostile. C’est le « Moi peau » qui délimite notre organisme et fait de nous des êtres internes et limités corporellement dans cet espace qui nous contient.

·          Nerveux, qui enregistre les phénomènes au moyen des cinq sens qui sont interprétés par le cerveau.

 Le système nerveux, principalement le néocortex, contribue à la formation de la personnalité chez les       humains.

 

Réflexion ; la variété du vivant.

Les végétaux, du brin d’herbe aux séquoias géants, les animaux, de la souris à l’éléphant, en passant par l’humain, sont tous des êtres pluricellulaires, de même que toutes les nombreuses autres espèces, telles que les insectes, les araignées, les reptiles, les oiseaux, les poissons… .Le vivant est extrêmement varié dans sa forme et dans son comportement. Pourtant le plan de conception n’a pas changé depuis les premiers organismes, toutefois des modifications nombreuses apparaissent tout au long de l’évolution des espèces.  C’est avec du vieux que la nature fabrique du neuf.

Nous allons voir dans l’article suivant que si le plan général reste le même, la diversité des moyens utilisés par le vivant a été considérable pour arriver à la complexité que nous connaissons.

Suite: Article 2B.

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 17:00

Article 2B

 

 

 

 

 Le phénomène de la vie ; l’impression de la complexité.

L’évolution des espèces.

 

 

 

 

 

 

S’adapter ou disparaître ; une loi universelle.

L’évolution apparaît au biologiste comme une adaptation des espèces depuis l’apparition des bactéries et des algues bleues, il y a plus de 3 milliards d’années.

C’est Charles DARWIN qui comparât la faune des îles isolées des Galápagos à celle de l’Amérique du Sud lors d’un voyage d’étude à bord du Beagle de 1831 à 1836. L’observation des espèces venues du continent et vivant depuis longtemps dans les îles lui révéla que les espèces ont la faculté de changer compte tenu de leur environnement, c’est-à-dire de s’adapter à cet environnement. Dans une espèce donnée, les jeunes ne sont jamais tout à fait identiques à leurs  parents, ni identiques entre eux, c’est l’évolution.

 

 

Dans la nature, les plantes et les animaux changent, grâce à la sélection, dite sélection naturelle, exactement comme le font les plantes cultivées et les animaux domestiques que l’on manipule au niveau génétique. Nous pouvons prendre l’exemple du loup dont les manipulations génétiques par croisements ont donné la multitude de races de chiens que nous connaissons.

La compétition entre individus, de la même espèce ou d’espèces différentes, est le plus souvent provoquée par le déséquilibre alimentaire dont souffrent les populations naturelles, c’est la lutte pour la vie. La sélection joue, faisant disparaître les uns, conservant les autres, et ainsi elle est responsable de la différenciation des espèces et des variétés.

Les caractères qui donnent prise à la sélection sont infiniment variés et peuvent être minimes. L’essentiel est qu’ils apportent un avantage à celui qui porte ces caractères.

La sélection naturelle, conséquence de la lutte pour la vie, aboutit à la survivance du plus apte ; on s’adapte ou on disparaît.

La sélection sexuelle joue aussi dans la nature. Les mâles ou les femelles les plus forts ou les plus beaux sont choisis par l’un ou par l’autre sexe, de préférence aux autres, et ont ainsi plus de chances d’avoir une descendance sélectionnée et de transmettre leurs propres caractères.

 

La vie animale s’adapte et se complexifie.

L’animal franchit un pas immense, quand d’unicellulaire, il devint pluricellulaire et regroupa ses cellules en un sac clos délimitant ainsi un espace, ébauche d’un milieu intérieur. En même temps, il formait des cellules spécialisées dans la reproduction de l’identique. Ces cellules contenant de l’ADN sont appelées « gamètes » (males ou femelles), elles assurent la continuation de l’espèce : elles sont potentiellement immortelles, puisqu’elles se transmettent de générations en générations. Cette période d’adaptation d’une cellule à plusieurs cellules s’est étendue sur près de 800 millions d’années.

Ensuite,  pendant encore des millions d’années, les organismes évoluèrent suivant les lois de l’adaptation. Eponges, Hydres, Méduses, Coraux, entre autres apparurent dans les mers chaudes.

 

 

Certains animaux acquièrent des organes à fonctions spécialisées et bien personnelles ainsi qu’une tête et des membres, leur naissance se place il y a probablement 600 millions d’années.

Viennent ensuite les vertébrés comme les lamproies qui réunissent de caractères archaïques (absence de mâchoire inférieure et de vertèbres individualisées, une seule narine médiane, etc.) à des caractères fortement évolués (œil simple, organe électrique, etc.).

Nous sommes à l’ère secondaire, les mers foisonnent d’ammonites de toutes taillent (fossiles que l’on retrouve, de nos jours, en grande quantité dans les roches calcaires formées par les sédiments des mers anciennes asséchées). Les grands reptiles connaissent une étonnante prospérité pendant environ 150 millions d’années, c’est l’ère des dinosaures qui règnent en maître sur la Terre et qui disparaissent à l’aube du tertiaire, il y a 65 millions d’années, probablement, suite aux conséquences provoquées par la chute d’une météorite dans le golfe du Mexique.

La disparition de ces grands reptiles permet le développement des oiseaux et des mammifères. Presque tous les ordres actuels se forment au début de cette époque.

 

Réflexion ; la relativité de la vie à  échelle géologique.

L’espèce humaine est tout à fait récente, on peut comparer à une journée de 12 heures à l’échelle du temps géologiques de 4 milliards 600 millions d’années environ.

·          A 0 heure les grains de poussières qui ont formés les météorites qui se sont constituées dans la nébuleuse primitive s’agglutinent et forment un bloc de plus en plus important, c’est « l’accrétion » qui va former la Terre. Pendant les quelques premiers millions d’années, la gravité a fait son œuvre de différentiation parmi les différents éléments constituants de la matière.

·          Après environ 500 millions d’années, la Terre, qui était une boule de feu, a commencée à se refroidir et l’eau à envahir entièrement la Terre, il est 1 heures 20.

·          Les continents sortent de l’eau qui recouvre la Terre, ils apparaissent vers 2 heures.

·          Vers 4 heures soit 1,5 milliards d’années plus tard, la vie fait son une timide apparition avec des algues bleues appelées « Stromatolithes ».

·          3 milliards d’années plus tard l’Ozone, qui arrête les rayonnements nocifs, apparaît. Il est 8 heures.

·          Vers 10 heures, soit environ 4 milliards d’années après la formation de la Terre, la vie commence à s’étendre sur notre planète.

·          Il y a 600 millions d’années apparaissent des algues bleues appelées « Collenia », à notre horloge il est 10 heures 15.

·          Se succéderont alors les ères : primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire, pour voir apparaître le tout premier Hominidé, il y a 7 millions d’années environ, il est alors 11 heures 09 minutes 20 seconde.

·          Quand vous lirez ces lignes il sera 12 heures, l’heure du premier Homo sapiens.

Au terme de ce très bref aperçu de l’évolution, on découvre que l’ordre évolutif, c’est-à-dire l’ordre chronologique d’apparition des groupes, correspond à l’ordre de complication anatomique et physiologique tel qu’il est décrit par les zoologistes. Ce qui permet d’assurer que les formes simples sont plus anciennes que les complexes.

 

Les astuces du vivant ; la clé de l’évolution.

On constate que les organes bien que distincts par leur structure et leur fonction, proviennent d’un même matériel cellulaire de l’embryon, comme par exemple la vessie natatoire des poissons (poche remplie d’air) qui s’est transformée en poumon chez les oiseaux et les mammifères terrestres. Le matériel embryonnaire change de destinée, c’est le principe dit de « déviation évolutive » qui montre, en quelque sorte, l’évolution en action, avec l’acquisition de nouveaux gènes.

Les organes rudimentaires ne s’interprètent qu’en considérant l’évolution. Ils sont semblables aux organes normalement développés dans des groupes d’animaux moins évolués. La musculature atrophiée du pavillon de l’oreille, chez l’humain est semblable à la musculature qui, chez les biches, meut le même pavillon afin de l’orienter pour détecter un prédateur caché dans la forêt.

Les organes de locomotion sont le témoignage matériel d’un certain passé. Par exemple, L’embryon de l’orvet (lézard qui a la forme d’une couleuvre) possède des ébauches de pattes, alors que l’adulte en est totalement démuni, il est d’ailleurs souvent confondu à une couleuvre par les promeneurs.

Les organes rudimentaires, vestiges de l’état anatomique des ancêtres, sont très fréquents. Les branchies visibles chez l’embryon humain sont la preuve la plus significative des origines de la vie aquatique primitive de tous les êtres vivants.

 

Réflexion ; l’adaptation est universelle, elle ne fait pas de préférences.

Tout être vivant, quel qu’il soit, s’adapte toujours et en toutes circonstances. Les bactéries qui tentent en permanence d’envahir notre corps, arrivent parfois à vaincre notre système immunitaire et à  se multiplier dans notre organisme, c’est alors la maladie que nous combattons, avec des antibiotiques, depuis la découverte  d’Alexander Fleming. Au début de leurs emplois, toutes les bactéries étaient anéanties et la maladie vaincue. Mais les bactéries aussi s’adaptent, très rapidement, si bien que les types d’antibiotiques devaient être adaptés sans cesse à la bactérie pathogène. L’utilisation des antibiotiques en quantité industrielle pour faire grossir les animaux de boucherie, afin de faire plus de profits, et l’abus de leurs prescriptions pour des maladies relativement bénignes ont permis aux bactéries de s’adapter, si bien, que l’effet des antibiotiques risque fort bien d’être inefficace dans un proche avenir.

 

 

Réflexion ; l’influence de l’être humain dans l’évolution.

Depuis, quelques décennies, les activités anarchiques de l’humanité  sont devenues inquiétantes dans le processus naturellement lent de l’évolution.

L’être humain intervient dans les processus de l’évolution d’une manière inconsidérée en précipitant des phénomènes qui empêchent les espèces animales et végétales de s’adapter.

Les grandes forêts équatoriales d’Amazonie sont exploitées à grandes échelles depuis des décennies. La coupe incessante de millions d’arbres et les feux intentionnels détruisent, en parallèle, les habitats de nombreux animaux vivant dans ces forêts, de plus avec le braconnage beaucoup d’espèces ont disparue ou sont en voie de disparition.

Autres méfaits des grandes déforestations : les plantes qui utilisent le rayonnement solaire pour se développer, en pompant le gaz carbonique et en rejetant de l’oxygène dans l’atmosphère ne seront plus en mesure, dans quelques années, de maintenir cet équilibre vital pour tous les êtres vivants. La pollution industrielle non contrôlée, les grandes déforestations, les pêches industrielles sont les facteurs, jamais aussi intensément pratiqués sur la planète, qui pourraient bien entraîner la disparition prématurée de bien des espèces animales et rompre l’équilibre dont nous dépendons intimement.

Suite: Article 3B.

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 12:14

 Article 3B.

Le phénomène de la vie ; l’impression de la complexité.

 L’émergence de l’espèce humaine.

Les ancêtres de l’homo ; un arbre généalogique buissonnant.

Les singes supérieurs sont anatomiquement les plus proches de l’homme dans la nature actuelle. Le  chimpanzé et l’homme doivent avoir un ancêtre commun africain en raison de la possession de caractères communs génétiques (les 99% de leur patrimoine génétique sont identiques au nôtre).

La naissance de l’homme est le résultat d’une longue histoire perturbée par de nombreux événements qui auraient pu empêcher l’homme d’apparaître. Il n’y aurait pas d’homme si l’ancêtre lointain  des vertébrés (appelé Pikaia), puis les animaux à quatre pattes, puis les primates et enfin les singes supérieurs avaient été éliminés par la sélection naturelle.

Les primates sont apparus il y a environ 65 millions d’années. L’histoire des hominidés, avec l’ancêtre commun, débute vers moins 10 millions d’années. Les singes marchant sur deux membres inférieurs, appelés Australopithèques, apparaissent vers moins 7 millions d’années. Les premiers hommes vrais, du genre Homo, sont connus vers moins 2 millions d’années, alors que les hommes modernes (Homo sapiens) ont dû apparaître il y a seulement 180 000 ans.

 Singe homme ou homme singe ; les Australopithèques bipèdes.

Le premier fossile d’Australopithèque a été découvert en Afrique du Sud en 1924. Le second Australopithèque découvert en 1925 fût étudié par le paléontologue Raymond Dart qui démontra que le fossile était celui d’un jeune singe d’environ 6 ans qui possédait une face plus humaine qu’un chimpanzé du même âge. Elle est, en effet, moins projetée en avant et dépourvue du bourrelet saillant au-dessus des yeux qui commence à apparaître à cet âge chez le chimpanzé.

Le paléontologue Broom  découvrit ensuite un crâne d’Australopithèque adulte. Par sa morphologie adulte, ce crâne confirme le bien-fondé de Dart. Mais le caractère le plus important concerne la position du trou occipital qui relie le crâne à la colonne vertébrale. Chez cet Australopithèque ce trou est situé en position inférieure, ce qui indique une station debout sur ses deux membres inférieurs. Au même âge le chimpanzé a le trou occipital qui a basculé vers l’arrière en position oblique et lui impose une station quadrupède. Le fossile de Broom démontrait que l’Australopithèque avait acquis une bipédie permanente tout en conservant une capacité crânienne faible. La dernière découverte d'Australophitèque nommé "Toumaï" vivait en Afrique, il y a 7 millions d'années.

 Homo erectus ; l’homme debout sur ses membres inférieurs. 

Les hommes érigés, qui vivaient en Afrique, ont un crâne allongé avec une face projetée en avant. Les orbites sont surmontées par un bourrelet très épais, souvent plus massif et arrondi que celui des Australopithèques. La voûte crânienne aplatie présente un rétrécissement accusé à l’arrière des yeux et une crête osseuse au dessus. La capacité crânienne varie avec l’âge des fossiles, passant chez les jeunes de 900 cm3 à 1300 cm3 chez les espèces les plus récentes. La mâchoire inférieure est robuste et les dents de fortes tailles.

L’évolution des hommes érigés se traduit par l’accroissement de la capacité crânienne.

Les hommes érigés qui ont migré en Asie et en Europe ont évolué différemment selon les régions. En Europe, ils ont évolué vers l’homme de Néandertal.

Le premier des européens ; l’homme de Néandertal, l’homme des glaces.

Ces Néandertaliens qui ont colonisé l’Europe ont découvert un pays qui, lors des phases de glaciation, était assez hostile, puisque couvert de glaciers au Nord et d’immenses steppes glacées. Mais ces espaces étaient riches en faune.

L’homme de Néandertal, a un crâne dont la face est saillante vers l’avant. La face est grande. Le dessus du nez est proéminent et large, paradoxalement, comme chez les hommes modernes vivant aujourd’hui sous un climat chaud et humide d’Afrique. Les orbites de grandes dimensions sont surmontées par un bourrelet très épais et continu comme les Homo erectus. Le front court et fuyant forme l’avant d’un crâne aplati et très allongé vers l’arrière comme un chignon (appelé d’ailleurs « chignon occipital »).

La capacité crânienne des néandertaliens varie de 1 200 cm3 à 1 740 cm3.

La mâchoire massive, longue, large et haute sont dépourvue de menton. Les dents  sont massives, notamment les incisives et les canines. 

La stature des néandertaliens varie de 1, 55 mètre à 1,75 mètre. Les hommes de Néandertal étaient des hommes possédant une grande masse corporelle, ramassée par rapport à la taille avec une très forte musculature. C’étaient des farouches chasseurs presque exclusivement carnivores.

La plupart de ces caractères morphologiques font partie de l’héritage simiesque, qui disparaît définitivement chez l’homme moderne. 

Néandertal et Cro-Magnon (nous) ont vécu ensemble pendant des milliers d'années sans se croiser génétiquement, en effet, leur patrimoine génétique était différent. Les hommes de Néandertal ont disparu, mystérieusement, il y a environ 35 000 ans de la même façon que les Homo erectus, il y a 200 000 ans.

L’homme de Cro-Magnon ; l’Homo sapiens ou l’homme moderne.

Les crânes de Cro-Magnon, les plus anciens, découverts en Afrique sont très différents de celui des néandertaliens en raison de la disparition définitive des caractères simiesques résiduels, en particuliers du fort bourrelet situé au-dessus des orbites. Celles-ci  sont larges et peu élevées, à bord presque rectiligne. Les crânes ont une face verticale non projetée en avant, avec un nez saillant et un front large et élevé. La voûte crânienne est allongée et très arrondie. La capacité crânienne de cette population locale est de l’ordre de 1 500 cm3. L’homme moderne a un cerveau de grande taille qui varie d’un individu à l’autre entre 1 100 et 2 000 cm3.

Les mâchoires portant des dents de petites tailles possèdent un menton triangulaire proéminent. Les squelettes de Cro-Magnon ont des os moins massifs que ceux des néandertaliens, mais néanmoins les crêtes d’insertion musculaire dénotent une musculature puissante. Les os indiquent une stature élevée, variant de 1,70 à 1,85 mètre. Le pouce de la main est fort et peut s’opposer aux autres doigts, ce qui lui permet de saisir des objets.

Les singes supérieurs sont donc anatomiquement les plus proches de l’homme dans la nature actuelle. Darwin devait démontrer déjà en 1 871 que le chimpanzé et l’homme devaient avoir un ancêtre commun africain en raison de la possession des caractères communs, notamment au niveau embryonnaire (l’embryon humain est très semblable à l’embryon de chimpanzé).

Réflexion ; des singes et des hommes ; la différence.

Quelles sont les formes du psychisme qui distinguent l’homme des singes supérieurs au terme de 10 millions d’années de divergence ?

Considérons tout d’abord l’utilisation de l’outil comme référence. Des travaux  de chercheurs ont montré que les chimpanzés utilisent souvent des objets naturels comme outils. Par exemple, lorsqu’ils se sentent menacés, ils s’emparent de branches d’arbre et frappent violemment le sol afin de dissuader leur agresseur de passer à l’action. Lorsqu’ils sont assoiffés, ils utilisent des feuilles d’arbre qu’ils trempent et imbibent à la façon d’une éponge dans l’eau accumulée dans des souches d’arbre. Les chimpanzés pygmées les «bonobos », consomment beaucoup de noix. Pour les écraser, ils utilisent des grosses branches ou des cailloux comme percuteurs. Souvent même, ils utilisent des blocs de pierre comme enclumes pour faciliter l’écrasement. Mieux encore, les chimpanzés qui aiment manger des termites,  arrachent des branchettes d’arbre, pour les capturer, ils les dépouillent de leurs feuilles jusqu’à ce qu’elles soient lisses. Ils les enfilent dans les termitières. Les termites s’agglutinent sur la tige pour combattre l’intrus. Les chimpanzés attendent que les insectes soient bien accrochés après la tige, les retirent délicatement et les ingèrent. Il s’agit ici d’une véritable fabrication d’outil à partir d’un élément  végétal naturel par un aménagement réfléchi. Le chimpanzé a fabriqué un outil qui n’existait pas dans la nature.

Dans une expérience filmé (de Nathalie Borgers et Pascal Picq, Arté, décembre 98), l’expérimentateur invente un système de boîte qui peut délivrer des friandises convoitées qu’à la condition de cisailler une corde avec un outil coupant. L’expérimentateur taille un silex avec un percuteur devant un bonobos, nommé Kanzi, et cisaille la corde qui libère les friandises. Il remet le système en place et laisse le matériel à la disposition de Kanzi. Celui-ci, imite l’homme et taille un silex maladroitement mais assez efficacement pour arriver à obtenir ainsi ces friandises. Il y a eu,  bien sûr, imitation, mais pas innovation en présence du problème.

Une autre expérience a été faite au zoo d’Arnhem. Devant un chimpanzé, l’expérimentateur introduit une banane dans une boîte accrochée à un fil très élevé et il laisse le chimpanzé trouver une solution pour y accéder. Il a volontairement disposé dans le parc des grands cubes de bois permettant de construire un échafaudage pour atteindre la boîte à banane. Le chimpanzé réfléchit, analyse la situation et assemble les cubes les uns sur les autres jusqu’à se qu’il atteigne son objectif. Mieux, si on renouvelle l’expérience en présence d’autres chimpanzés, celui qui a réussi à résoudre le problème ne participe pas à la suite de l’expérience et se garde bien de faire voir aux autres la façon de procéder. Il se comporte comme s’il voulait garder jalousement le secret pour lui seul. Cette expérience montre incontestablement un phénomène de pensée réfléchie des chimpanzés.

Comme chez l’enfant, la transmission du savoir chez les chimpanzés se fait par imitation pendant leur période juvénile d’apprentissage avec les adultes.

 

Réflexion ; langage articulé et communication ; la transmission du savoir par le langage parlé et écrit, outil permettant la continuation de la pensée humaine dans le temps.

Au cours du XIXème et du XXème siècle plusieurs anthropologues ont tenté d’apprendre le langage à des singes, sans résultats probants. On mettait ces échecs sur le compte de l’inaptitude des singes supérieurs à maîtriser le langage. On compris plus tard qu’il s’agissait d’une impossibilité à vocaliser due à la position plus haute du larynx chez le singe  qui empêche, mécaniquement, toute modulation des sons par le pharynx.

En 1 966, un couple de chercheurs américains a tenté d’élever un bébé chimpanzé, nommé Washoe, comme un bébé humain, en lui apprenant le langage gestuel des sourds-muets américains. Le résultat fut étonnant, Washoe, une jeune femelle, a appris en cinq ans plus de 160 signes qu’elle assemblait pour former des phrases. Ensuite, Washoe, transférée dans une Université américaine d’étude des primates, a poursuivi l’expérience avec succès. Elle prenait souvent l’initiative de la conversation, utilisant verbes et adverbes d’une façon logique.

Le record actuel concernant l’étendu du vocabulaire gestuel revient au gorille Koko avec plus de 350 mots. D’autres expériences ont aussi été faites avec le bonobo Kanzi (déjà cité), à qui on a appris à utiliser un cahier sur lequel était écrit 100 mots anglais, chaque mot étant associé à une image, Kanzi, dont les prouesses ont étonné le monde scientifique, est arrivé à comprendre le langage humain parlé et à exécuter à la perfection les ordres qu’on lui donnait. Il était même capable de réaliser des actions qu’on lui suggérait au téléphone, non influencé ainsi par la vue de l’expérimentateur.

Le langage n’est donc pas une spécificité humaine, mais le langage articulé ne constitut qu’une différence mécanique entre lui et le singe supérieur. Il est vraisemblable que l’homme archaïque à la face proéminente, avant d’avoir un langage articulé, avait au moins un langage gestuel.

On peut dire, que le langage articulé n’a atteint son expression actuelle que chez les premiers hommes modernes en raison de leur face très verticale qui repousse vers l’arrière la structure larynx–pharynx et entraîne son allongement qui permet la modulation des sons.

La société humaine a évolué grâce au langage articulé qui a permis à l’être humain de communiquer avec ses contemporains. L’ensemble de toutes les connaissances qu’il a acquises, depuis des millénaires devient accessible à tous les êtres humains grâce  à des manuscrits sur lesquels ont été consignés les informations générées par le langage articulé depuis des siècles.  Sans ce langage et surtout ces écrits ne serait-il pas encore à l’état de Cro-Magnon chasseur-cueilleur exclusivement?  

Suite: Article 1C.

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 01:08

 Article 1C.

L’influence du raisonnement logique sur mon psychisme et mon comportement.

Le premier article de cette troisième partie sera une réflexion sur le cerveau et  la conscience.

L'évolution du cerveau; le développement du néocortex (nouvelle écorce cérébrale) chez l’Homo sapiens.

Le cerveau humain est un organe relativement petit par rapport à notre corps,  localisé dans le crâne, il est protégé par des membranes appelées méninges. Le cerveau baigne dans un liquide épais qui a un rôle protecteur et nourricier.

Le cerveau humain est fortement plissé et ramassé sur lui-même, ce qui a pour effet de lui donner une masse considérable, de plus il est subdivisé en deux hémisphères symétriques. Il n’y a aucune ressemblance anatomique d’un cerveau humain à l’autre, aucun cerveau humain ne se ressemble visuellement, mais toutefois nous pouvons distinguer, placé dans diverses positions, les aires principales comme : l’aire du langage dans le cortex frontal inférieur, l’aire de la motricité au sommet du lobe pariétal, le cortex sensitif à l’arrière du lobe pariétal, l’aire visuelle à l’arrière du lobe occipital, l’aire auditive dans la partie supérieure du lobe temporal.

Chez le fœtus humain le cerveau est lisse, il acquiert ses plis au cours du développement de l’écorce cérébrale (cortex). Ce développement établi la différence essentielle entre l’Homo sapiens et les anthropoïdes.

Le développement du cerveau suit un plan identique à celui de l’évolution des espèces ; il se compose de trois parties : le plus primitif, le cerveau reptilien, à l’intérieur le cerveau limbique médian, siège des sensations et le dernier, le néocortex qui est le plus développé chez l’être humain. Nous pouvons dire que par le développement exceptionnel de son néocortex le cerveau humain est un des outils le plus perfectionné de la pensée abstraite.

L'incroyable enchevêtrement des circuits de la pensée.

Le cerveau est constitué d’environ 100 milliards de cellules nerveuses de diverses formes (les neurones) et le système nerveux humain complet contient environ 300 milliards de neurones. Chaque neurone comprend un corps cellulaire le noyau contenant divers organites. Le corps cellulaire est prolongé par un long filament tubulaire (l’axone) qui a pour fonction de transmettre l’influx nerveux aux autres neurones ou aux fibres musculaires, le contact étant établi chimiquement (par les neuromédiateurs) ou, plus rarement, électriquement, par l’intermédiaire d’une petite fente appelée « synapse » ; la synapse assurant la jonction entre les neurones. Chaque neurone possède environ 10 000 synapses qui peuvent transmettre autant d’informations venant des sens. Nous pouvons alors imaginer les possibilités infinies que possède le cerveau humain, soit 100 milliards de neurones multipliés par 10 000 possibilités de voies pour l’influx nerveux ; ce qui veut dire, que nous avons les moyens de disposer de 1 million de milliards de combinaisons pour structurer notre pensée, pourtant nous n’utilisons dans notre vie qu’une infime partie de nos capacités cérébrales.

Réflexion sur l’influx nerveux.

Tout ce que nous voyons, tout ce que nous entendons, enfin tout que nous ressentons est enregistré et interprété par des zones spécialisées de notre cerveau qui analyse et envoi les messages appropriés à notre système fonctionnel (musculature) ou psychique (conscience).

Toute perception met en œuvre un récepteur (l’œil par exemple) et un émetteur réunis par un canal (le nerf optique) qui transmet l’information au cerveau. C’est le cerveau et son prolongement dans le rachis (moelle de la colonne vertébrale) qui forment le Système Nerveux Central. Les fibres nerveuses provenant de la moelle épinière et celles qui irradient dans le tronc et les membres forment le Système Nerveux Périphérique.

Afin de comprendre le processus de la transmission de l’influx nerveux, choisissons un exemple très simple, mais douloureux :

A la mer, lors d’une baignade, je pose mon pied sur un oursin, les fibres nerveuses de mon Système Nerveux Périphérique (au niveau de mon pied) sont existées et transmettent un influx nerveux à mon cerveau par l’intermédiaire des fibres nerveuses des axones et des neuromédiateurs libérés dans les fente synaptiques  (synapses) ; c’est la « conduction ». Dans un premier temps, un arc réflexe, au niveau de la moelle épinière, commande inconsciemment à la musculature de la jambe, un mouvement de retrait de mon pied de l’oursin, et ainsi me permet de limiter les dégâts. Dans un deuxième temps, très bref, la transmission de l’influx arrive à mon cerveau qui enregistre la sensation de douleur (qu’est-ce qui l’occasionne ?) et me fait prendre conscience de la situation afin de mieux la maîtriser (enlever l’oursin et les épines de mon pied, sans toutefois me piquer les doigts).

Les fonctions cérébrales humaines. La perception ; une fonction vitale dépendante de nos sens et de notre personnalité.

L’organisation de la perception dépend à la fois de notre expérience et de nos tendances à envisager les événements que nous observons.

La vue et l’odeur d’aliment s’accompagneront de composantes affectives différentes ; une attraction si l’on est à jeun ou un dégoût si l’on est rassasié.

Dans un grand nombre de cas, c’est l’histoire individuelle vécue qui conditionne la composante affective de chaque perception. Tout ce que nous percevons est soumis à nos propres expériences ; nous avons tendance à percevoir ce que nous avons l’habitude de percevoir.  

Plus la confirmation d’une croyance aura de valeur pour le développement d’une activité orientée vers un but, plus grande sera sa force : je vois ce que j’ai envie ou besoin de voir.

Les opérations logiques de la pensée humaine.

La pensée humaine est une suite d’opérations logiques effectuées sur des symboles abstraits. 

Penser, c’est manipuler des « représentations », lire, rédiger une lettre, choisir une destination, participer à une conversation, etc., tout cela ne serait rien d’autre que la manipulation d’une foule de symboles, d’images mentales, en fait de « représentations » sur lesquelles on effectue un ensemble d’opérations logiques. Ce processus s’effectue en trois temps :

·        Le filtrage de l’information. Dans le brouhaha d’une foule en réunion, je peux sélectionner la voix de mon interlocuteur parmi les autres ; mon attention sélective transforme l’ensemble des conversations en un bruit de fond sans signification. Cette sélection de l’information limite ma perception de l’environnement, mais elle est une condition indispensable pour penser efficacement.

·        La mise en forme. Elle consiste à décoder les informations recueillies, c'est-à-dire à les transformer en « représentations » mentales. Une représentation peut être une image mentale (un cube, un animal, etc.), un symbole abstrait (x, y, pi, etc.), un concept (un ordinateur, un livre, etc.), soit un ensemble structuré d’objets mentaux qui correspondent à une « connaissance » sur le monde. Par exemple le mot « oiseau » est une représentation qui renvoie à un certain nombre d’informations associées : un oiseau est un animal qui a des ailes et un bec, qui vole, cette connaissance peut être vraie ou fausse (une autruche est un oiseau qui ne vole pas). Certains psychologues préfèrent parler de croyance plutôt que de connaissance.

·     Le cerveau une machine à traiter l’information. Toute la pensée, même  la plus ordinaire, peut être traduite sous forme d’opération de déduction. Ainsi pour produire une idée simple du type : « Si je prends le TGV qui roule à 300 kilomètres par heure, sans arrêt, pour me rendre de Marseille à Paris, j’irai plus vite que si je prends ma voiture qui roule à 130 kilomètres par heure avec des arrêts tous les 2 heures aux aires de repos des autoroutes » (opération de déduction), notre esprit mobilise une suite d’opérations logiques du type « si A (plus rapide), alors B (moins rapide) ». Cette idée simple est traduisible en termes de logique de propositions.

Réflexion sur la mémoire, un aspect de la personnalité.

C’est notre mémoire qui constitue la structure de notre personnalité et qui nous permet de retenir des informations pendant quelques secondes ou des années. Tout ce que nous savons du monde qui nous entoure ou de notre propre vie est inscrit dans notre mémoire.

Nous avons deux types principaux de mémoire ; la mémoire à court terme et la mémoire à long terme :

La mémoire à court terme ou mémoire de travail a une taille extrêmement limité : elle ne retient que 6 ou 7 éléments dans un temps très bref, par exemple un numéro de téléphone lu dans le bottin et aussitôt oublié après l’avoir composé. Cette capacité de mémoire est appelée « empan mnésique ». La mémoire à court terme se vide rapidement et automatiquement, après utilisation, afin d’avoir la possibilité de passer à une autre activité. Elle sert aussi à un autre usage, elle est un lieu de passage incontournable vers la mémoire à long terme, dans ce cas, elle subit un traitement ou « codage », qui la rend assimilable par la mémoire à long terme, laquelle mémorise le sens de l’information et non le mot à mot.

Une personne qui s’intéresse à ce qu’elle entend retrouvera plus facilement les informations antérieures selon l’importance qu’elle leur aura accordée.

La mémoire à long terme a une caractéristique essentielle, c’est d’être disponible en permanence. Cette disponibilité exige la mise en œuvre de trois étapes successives :

·        Une phase d’enregistrement (dite l’encodage) et de stockage qui transforme les information perceptives en traces durables ; cette transformation passe par une boucle de l’entendu et du répété, par une motivation et une recherche du sens du contenu de l’information permettant ainsi un encodage conscient, adapté aux possibilités psychiques et culturelles de la personne.

·        Une phase d’organisation de cette information. Certains souvenirs très stables sont des idées ou des connaissances générales que l’on regroupe sous le nom de mémoire sémantique. Savoir que la Lune est le satellite naturel de la Terre fait parti de cette mémoire sémantique. A l’inverse, d’autres types de souvenirs, liés à notre expérience personnelle, sont beaucoup plus sensibles aux variations contextuelles. Ce système de stockage est appelé mémoire épisodique, par exemple «  je suis allé à la mer pendant le week-end ».

·       Une phase de réactivation, de récupération dans la mémoire de ces traces. Les connaissances que nous sommes susceptibles de faire surgir de notre mémoire n’ont jamais été apprises telles quelles : nous les reconstituons, nous les déduisons d’autres connaissances déjà acquises. La qualité principale de notre mémoire n’est certainement pas sa fidélité ; c’est sans doute son aptitude à produire de nouvelles connaissances. Utiliser des connaissances en mémoire pour en produire d’autres est un des traitements les plus profonds pour consolider nos savoirs. De toutes façons nous n’accédons jamais directement à la mémoire à long terme ; qu’il s’agisse d’y ranger de nouvelles informations, d’y retrouver des informations anciennes, ou que des souvenirs en surgissent brusquement, tout transite par la mémoire de travail.

Traiter l’information pour la retenir, c’est la reformuler pour se l’approprier. Reformuler dans son propre langage l’information reçue, c’est déjà traiter l’information pour la retenir. Ce n’est, sans doute, pas le propos entendu lui-même qui se retrouve dans la mémoire à long terme, mais l’activité mentale que suscite ce propos. 

Réflexion ; la libération de l’esprit par les automatismes.

Le travail intellectuel demande une énergie souvent épuisante pour une personne peu entraînée à la recherche des causes naturelles que nous percevons et pour l’apprentissage d’une formation d’un adulte sorti depuis longtemps du milieu scolaire. Utiliser son cerveau est fatiguant, principalement si l’on n’est pas entraîné et surtout pas motivé. Il en est du travail intellectuel comme de l’activité motrice : l’automatisation des gestes diminue considérablement la fatigue et libère l’esprit pour les activités de niveau supérieur. Prenons l’exemple de la conduite automobile. D’où vient que l’apprenti conducteur de l’auto-école se fatigue bien plus que l’ancien conducteur ? Qu’il lui est plus difficile d’écouter son moniteur ou de lui parler ? C’est précisément que sa mémoire de travail participe consciemment à toutes les manœuvres que nécessite la conduite automobile,  tourner la clé de contact, démarrer le moteur, embrayer ; appuyer sur la pédale gauche, démarrer la voiture ; passer la première vitesse et desserrer le frein à main, regarder dans le rétroviseur, mettre le clignotant… Comment est-il possible de bavarder en accomplissant toutes ces actions presque simultanément ? Et pourtant ! Il suffit que l’enchaînement de toutes ces opérations soient automatisées, qu’elles se fassent sans y penser pour que la tête reste libre de continuer la discussion entamée avec son passager.

L’automatisation s’acquiert par la répétition des gestes ou des mots, elle permet de nous adapter à notre environnement immédiat et à notre milieu social mais elle ne doit pas nous faire oublier que l’être humain possède un néocortex fortement développé capable de création, et doté d’une pensée abstraite hautement évoluée qui lui a permis d’écrire des symphonies et de mesurer des galaxies.

Voir les manifestations de la pensée.

Pour progresser, les sciences se sont toujours efforcées de voir l’invisible. Les scientifiques ont inventé des microscopes optiques et électroniques de plus en plus perfectionnés ainsi que des télescopes toujours plus puissants. En neuroscience le rêve du chercheur est de voir le cerveau fonctionner, de détecter les pensées. Ce rêve est peut être en train de devenir une réalité avec l’imagerie cérébrale dont la principale technologie concerne : L’imagerie par résonance magnétique (IRM).

L’aimantation est le phénomène qui intervient dans le fonctionnement des appareils à IRM. L’hydrogène (H) est un constituant principal de presque toutes les molécules du vivant. Les molécules d’eau (H2O), qui contiennent 2 atomes d’hydrogène et 1 atome d’oxygène, représentent plus de 80% du poids du cerveau. Nous savons que le noyau d’un atome d’hydrogène n’est formé que d’un unique proton qui tourne, très rapidement sur lui-même (ce mouvement propre aux particules est appelé « spin »). Chaque spin engendre un mini champ magnétique. Les spins des protons qui constituent la matière vivante sont orientés chacun dans des positions différentes ce qui a pour conséquence d’annuler  le magnétisme de l’ensemble.

Lorsqu’on place une personne dans un appareil à IRM traversé par un fort champ magnétique (noté Bo), celui-ci étant orienté des pieds vers la tête de la personne, le spin des noyaux d’hydrogène de son corps s’orientent tous selon la direction de ce champ. Ainsi, tout se passe comme si, en plongeant une personne dans un champ magnétique puissant on l’avait aimanté.

L’objectif de l’IRM est de mesurer l’aimantation en chaque point du cerveau. Pour cela il faut créer un autre champ magnétique (noté Mo), plus faible qui tourne rapidement autour de la tête de la personne provocant ainsi une oscillation des protons alignés dans le champ (Bo). Ce champ (Mo) est coupé brièvement, par intermittences, afin de permettre aux protons de retourner progressivement à leur position d’équilibre dans le champ initial (Bo). Les phénomènes magnétiques sont enregistrés par les ordinateurs de l’appareil à IRM, sachant que la densité des protons est différente dans les divers tissus qui constituent la matière cérébrale, les activités du cerveau peuvent être interprétées et visualisées sur l’ordinateur. Les images des zones actives du cerveau montrent la correspondance de la pensée et de l’action accomplie par la personne sous IRM (bouger un index, par exemple, correspond à une activation de telle zone du cerveau).

Cette technique d’IRM, a tout de même ses limites, elle peut définir les zones du cerveau qui sont activées pour telle ou telle action, mais pas le contenu de telle ou telle pensée.

 Suite: Article 2C.

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /Mars /2006 19:38

 Article 2C.

 L’influence du raisonnement logique sur mon psychisme et mon comportement.

 

 

  Les fondements de mon psychisme.

Ma pensée structure mon esprit.

 

 

Un ensemble d’idées forme la structure de ma pensée, plus ces idées sont élaborées plus ma pensée est logique. Il existe trois types principaux de pensées :

1.    Les pensées vagabondes ; une profusion d’idées traversent mon esprit sans laisser de traces dans ma mémoire, ce sont des rêveries sans consistances qui ne nécessitent aucun effort d’attention . Toutes les images qui effleurent mon attention sont floues.

2.    Les pensées concrètes ; plus élaborées, les idées qui les forment, prennent leurs origines dans l’observation d’objets visibles proches, que je peux toucher, ou ressentir, ou que je connais.

3.    Les pensées abstraites ; les idées qui les forment, se fondent sur une succession d’événements que je ne peux concevoir que par le langage parlé ou écrit. Un enchaînement logique et raisonné de mes idées me permet de prendre en considération la réalité d’un phénomène caché à l’observation directe, comme l'Univers, ou un phénomène immatériel, comme le temps par exemple.

 

Réflexion sur ma pensée.

Je suis capable de pensées abstraites qui me permettent de prendre conscience de mon fonctionnement physique et psychique. Au niveau physique, si je ressens une douleur au niveau de l’épigastre, par exemple, j’imagine que, celle-ci peut provenir de mon estomac, sans savoir, bien sûr, ce qui a pu provoquer cette douleur, ce peut être de l’acide apporté par un aliment ou un corps étranger ingéré par inadvertance. De même, au niveau psychique, je peux être angoissé si je dois subir une opération chirurgicale ou m’engager dans une action périlleuse. Toutefois, les idées élaborées qui forment l’essentiel de mes pensées abstraites peuvent être refoulées, quand elles sont inconsciemment gênantes pour mon équilibre psychique conventionnel et peuvent ainsi induire des phénomènes inconscients responsables de troubles fonctionnels organiques ou psychiques.

 

Réflexion ; le caractère, fondement de ma personnalité.

 Mon caractère est le mixage d’une infinie de combinaisons transmises par les gènes de mes ancêtres et de mes parents  jusqu’à moi. Ce qui fait que je suis un être unique, pas un clone, avec mon matériel génétique spécifique, j’élabore ma personnalité typique en considérant mon environnement particulier dans lequel je suis plongé depuis ma naissance.  

A ma naissance ce caractère était déjà présent, mais à l’état latent, il devait commencer à se structurer, bien avant, dès mon état d’embryon, au contact de ma mère (langage, toucher, sensation …), ensuite après ma naissance avec la prime éducation parentale et plus tard avec mon éducation scolaire. Mon milieu environnemental a, aussi, eu une grande importance pour le développement de ma personnalité. Il existe une différence fondamentale entre un enfant élevé dans un milieu favorable à son développement ou dans un milieu défavorable à l’épanouissement de sa personnalité. Le caractère est la base inconsciente de la personnalité, mais comme tous les caractères sont exclusifs les personnalités peuvent varier considérablement.

 

Mécanisme de l’appareil psychique, d’après la théorie psychanalytique.

 ·        L’inconscient. Décrit par Freud, il qualifie des processus dynamiques qui agissent efficacement sur ma conduite mais sans atteindre ma conscience ; ils ne deviennent conscients que par la levée des blocages par ma conscience, soit au cours du rêve (quand ma conscience est endormie), soit au cours des états   psychotiques (quand ma conscience est annihilée), soit à la faveur d’une cure psychanalytique. Dans un sens plus général, l’inconscient est du domaine des processus nerveux échappant entièrement à la connaissance personnelle, comme la plupart des fonctions organiques, des réflexes, des automatismes, dont les effets seuls peuvent devenir conscients. Ce domaine se différencie de celui de processus qui sont également inconscient à un moment donné mais qui à un autre moment peuvent être l’objet de connaissances personnelles, domaine dit du subconscient.

·        Le « ça » ou « Soi ». Il est constitué par l’ensemble de mes pulsions primaires engendrées par la recherche du plaisir sans contrainte, ni tabou. 

 ·        Le « Moi ». Il regroupe mes motivations et mes actions, il a pour fonction l’ajustement de mon organisme à la réalité, le contrôle de l’accès des stimulations à ma conscience  et à mes mouvements. Sa fonction, en fait, est de résoudre les conflits, que se soit entre les pulsions primaire et le milieu extérieur, ou entre les pulsions primaires et le milieu intérieur. La qualité et la nature de la résolution des conflits dépendront en grande partie de ce que l’on appelle la « force du Moi », caractéristique individuelle fondamentale, résultant des facteurs congénitaux ou acquis après ma naissance. C’est lui qui me fait dire « j’existe ».

 ·        Le « Sur-Moi ». Il représente un complexe de motivation dont l’action inconsciente incite le Moi, pour éviter la culpabilité, à se défendre contre les pulsions instinctuelles (sexuelles ou agressives) émanent du ça.

 ·        La « Pulsion ». Processus dynamique qui consiste à une action irrépressible de l’organisme vers un but. Selon Freud, une pulsion a sa source dans une excitation corporelle (état de tension) ; son but est de supprimer cet état de tension qui règne à la source pulsionnelle ; c’est dans l’objet ou grâce à lui que la pulsion peut atteindre sont but.

 ·        Le « Refoulement ». Défense automatique et inconsciente par laquelle le Moi rejette une émotion, une idée pénible ou dangereuse pour le maintien de l’équilibre psychique. Les pulsions inacceptables entrant en conflit avec les motivations conscientes sont automatiquement repoussées du champ de la conscience, elles deviennent inconscientes. 

 ·        Le « Complexe ». Ensemble organisé de représentations et de souvenirs à forte valeur affectives, partiellement ou totalement inconscients. Un complexe se constitue à partir des relations interpersonnelles de l’histoire infantile ; il peut structurer tous les niveaux psychologiques : émotions, attitudes, conduites adaptées.

 Réflexion ; le stress et son influence sur l’organisme.

 Il faut, tout d’abord, dire que le stress n’est pas une maladie, mais un comportement face à l’aptitude de s’adapter à toutes sortes d’agressions provenant de son environnement.

La réponse à l’agression sociale et psycho émotionnelle, que je subis, dépend beaucoup plus de ma manière d’interpréter et d’accepter cette agression que l’agression elle-même. Si le stress nous perturbe de plus en plus, c’est que la demande d’adaptation à l’agression devient de plus en plus fréquente et que notre réponse n’est pas appropriée.

 A défaut de transformer mon environnement, je dois obligatoirement m’adapter en agissant sur moi-même et sur ma manière d’interpréter ce qui m’arrive.

 Mais qu’appelle-t-on le stress ? C’est le Pr. Hans Selye qui, dans les années 1930, en donna la définition, qui peut se résumer ainsi : une émotion agréable, une grande joie, une bonne nouvelle produisent les mêmes effets qu’une émotion désagréable ou une mauvaise nouvelle et sont dans les deux cas cause de stress. Dans les deux cas, le cœur battra plus fort, la respiration sera plus rapide, le taux de sucre augmentera dans le sang et les acides gras seront libérés des réserves adipeuses, pour fournir l’énergie nécessaire à la défense contre l’agression, la survie et l’adaptation aux nouvelles conditions.

 Dans les deux cas il y a stress, dans les deux cas il y a agression et réponse similaire, biologique et hormonale, responsable à son tour des différentes modifications au niveau des organes (cœur, muscles, foie, cerveau…) qui assurent la défense et l’adaptation de l'organisme.

 La plupart du temps, les réponses de l’organisme se font en harmonie, le plus naturellement, et sans conséquences ; elles sont adaptées aux normes physiologiques de la personne. Il s’agit de bon stress.

 D’autres fois, les réponses exigées par une demande intense et prolongée, agréable ou désagréable, sont excessives et dépassent les capacités de résistance et d’adaptation de l’organisme. Il s’agit dans ce cas de mauvais stress.

 Le froid, la chaleur, le traumatisme physique, l’exercice physique violent, la maladie, la fatigue … sont des facteurs de stress au même titre que la joie, la peine, la peur, la contrainte, la réussite ou l’échec.

Le stress n’est pas un phénomène nouveau, il a toujours existé. Depuis des millénaires, l’être humain (et aussi l’animal) subit le stress et c’est même grâce à lui qu’il a survécu, l’obligeant à s’adapter à un monde en transformation permanente. 

 Le stress n’étant pas une maladie, il n’y pas de traitement médical du stress mais des psychothérapies adaptées permettant une gestion efficace du stress.

Suite: Article 3C. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /Mars /2006 00:55

  Article 3C.

 L’influence du raisonnement logique sur mon psychisme et mon comportement.

La résolution des problèmes ; changer de cadre ; les leurres de la perception

Réflexion ; la résolution des problèmes ; raisonnement et contradiction.

 

 

Mon raisonnement traditionnel sur un problème peut me mener à l’impossibilité de le résoudre. Si je pose la fameuse  question : lequel des deux de la poule ou de l’œuf est apparu le premier? Je vais m’enfermer dans un cadre qui empêchera toutes solutions ; si c’est l’œuf qui est apparu le premier qui l’a pondu? si c’est la poule d’où est-elle sortie? Mais si je pose la question autrement : Comment la vie est apparue sur la Terre ? Je pourrais consulter les recherches en prébiotique  réalisées à la suite à l’expérience du chimiste Miller qui explique que, selon certaines conditions qui régnaient sur la Terre, il y a environ 3 milliards d’années, de la matière biologique simple a pu se créer dans les argiles. Pendant des milliards d’années les lois de l’évolution selon Darwin a créé les espèces que nous connaissons ou qui ont disparues. Un exemple un peu abstrait, mais tout à fait simple, éclaircira ce raisonnement. Il s’agit de relier les 9 points de la figure suivante par 4 lignes droites en gardant toujours le crayon sur la figure. Essayez, si vous ne connaissez pas le problème. Vous trouverez le résultat et les explications à la fin de l’article.

Réflexion ; l’étrange perception ; la réalité impossible.

Nous avons vu que notre cerveau est incapable de comprendre certains problèmes, par exemple en mécanique quantique, théorie qui explique la physique de l’infiniment petit. L’électron qui tourne autour du noyau de l’atome ne peut jamais être localisé dans le temps, il peut être soit à droite, soit à gauche au même instant, soit à droite et à gauche au même moment. Je peux dire que cette situation est paradoxale, mais elle concerne le domaine de l’infiniment petit, dans lequel je n’ai pas accès directement.  Il existe aussi, à mon niveau de perception, des phénomènes, dus à des effets de perspective, qui sont inaccessibles à ma logique pour en donner un exemple le grand physicien Penrose a imaginé des escaliers qui peuvent être montés ou descendus indéfiniment sans jamais atteindre ni le sommet, ni le bas. Pour m’en persuader voir le dessin de l’escalier de Penrose ci-après :

Réflexion sur un paradoxe ; s’éloigner toujours plus d’un lieu, pour s’en rapprocher.

 

 

Un exemple très simple consiste à imaginer  un voyageur  qui partirait de Paris, disons du pied nord de la Tour Eiffel,  se dirigeant toujours tout droit devant lui vers le pôle nord, il s’éloignerait de plus en plus de son lieu de départ. Ne prenons pas en compte le froid qu’il devrait endurer en passant au pôle nord. En continuant, toujours tout droit, il franchirait l’hémisphère nord et toujours tout droit, il continuerait, toujours dans l’hémisphère nord,  jusqu’à l’équateur et se dirigerait dans l’hémisphère sud vers le pôle sud. Le pôle sud franchi, pour lui sa direction est  la même, il avance toujours dans la même direction ; mais en réalité il ne s’éloigne plus de son point de départ, au contraire,  il s’en rapproche de plus en plus. Il finira, au bout de son long périple, par arriver au pied sud de la Tour Eiffel en étant allé toujours tout droit devant lui. Cet exemple simple a son importance, quand on sait que l’Univers est courbe et que les galaxies s’éloignent rapidement les unes des autres dans cet Univers.

Réflexion ; les leurres de la perception.

La perception est la capacité qui permet à mon organisme de mener ses actions et de connaître son environnement sur la base des informations recueillies par mes sens. Les mécanismes perceptifs sont, en fait, un ensemble d’opérations réalisées par mon cerveau sur les signaux que mes organes sensoriels captent dans mon environnement. Ces comportements sont automatiques,  dans certains cas, comme par exemple l’action de marcher sur une route ensoleillée ou sur un chemin obscur au clair de lune. Toutefois certains de ces comportements automatiques font aussi appel à des connaissances inscrites dans ma mémoire, un lieu connu peut se parcourir dans l’obscurité à tâtons, je reconnais les objets au toucher et à leur emplacement que je connaissais déjà. La perception n’est pas seulement visualisation et reconnaissance du monde tel qu’il apparaît à mes sens, mais une réflexion logique de la réalité des phénomènes sous-jacents réels révélés par l’expérimentation. La partie illusoire des phénomènes doit être présente à mon esprit afin de ne pas être perturbé par des leurres nuisant à ma logique. On peut illustrer ce problème par l’exemple de l’illusion  bien connue, en psychologie, voir les figures suivantes :

 En haut et à gauche, l’illusion de Müller Lyer. Le point divise la hampe de la flèche en deux parties égales ; pourtant la moitié droite paraît plus longue que celle de gauche. En haut à droite, la ligne oblique est faite de deux segments qui sont dans le   prolongement l’un de l’autre ;  le segment supérieur paraît décalé vers la droite. En bas à gauche, les bases inférieures des trois trapèzes sont égales.   En bas à droite, les six lignes sont parallèles. En fixant longuement:

Le livre, en haut à gauche est vu successivement ouvert en avant ou en arrière. Le cube de droite est successivement vu d’en haut et vu d’en bas. L’image inférieure est due à Ruben. On voit alternativement une coupe blanche sur fond noir, ou deux profils noirs se faisant face.

Réflexion sur la validité de la perception.

Quand j’observe avec attention ces images, mon cerveau interprète différemment le même objet : ouvert et fermé, en haut et en bas, un vase et des visages. La question se pose alors. Où se trouve la réalité ? La question se confond avec le monde étrange et mystérieux que j’ai aperçu en mécanique quantique où un électron, par exemple,  pouvait se trouver en haut et en bas par rapport aux nucléons ou bien aux deux endroits au même moment. L’image est frappante! Est-ce que mon cerveau n’interpréterait que les phénomènes en fonction de mes besoins vitaux, dans un monde où la logique de la Nature ne serait pas à mon échelle ?

Impression de structure.

Les éléments perceptifs isolés ont une tendance spontanée à la structuration. Si je regarde une série de points inégalement espacés, j’ai tendance à percevoir des groupes de points. De même en regardant le ciel nocturne j’aperçois des constellations qui, en réalité n’existent que dans mon esprit, les étoiles de ces constellations ne sont pas sur le même plan, ni à la même distance de moi,  dont sans aucun lien entre elles, si ce n’est que dans mon esprit. La figure suivante représente  la structuration spontanée d’un ensemble d’éléments. Les 32 points tendent spontanément, du fait de leur représentation spatiale, à être perçus comme 4 groupes contenant chacun 8 points. En fait, je ne perçois du monde que les manifestations illusoires, fugaces et éphémères des phénomènes enregistrés superficiellement par mes sens, ceux-ci pouvant être assimilés à des leurres. Toute perception et toute pensée sont relatives et opèrent par comparaison et par contraste. Si je vivais, depuis ma naissance dans un univers où tout ce qui le compose était rose, moi y compris, le concept de rose ne pourrait m’apparaître, par manque d’autres couleurs faisant contraste.

 

 

 

 

 

Changer de cadre. Voir ci-dessous la résolution du problème posé au début de cet article.

Presque toutes les personnes qui rencontrent ce problème pour la première fois introduisent une hypothèse qui rend la solution impossible. Si je pense que les points forment un carré et que la solution doit s’inscrire dans ce carré, il s’impose ainsi à mon esprit une condition que l’énoncé ne comporte pas. Mon échec, par conséquent, n’est pas dû à l’impossibilité de la tâche, mais à la solution choisie. Une fois que je crée le problème, j’ai beau essayer toutes les combinaisons de quatre lignes, et dans n’importe quel ordre, à la fin il reste toujours un point qui n’est pas relié aux autres. Ce qui signifie que, même en  utilisant toutes les possibilités de changement, si je reste à l’intérieur du carré, je ne résoudrai pas le problème. Pour le résoudre il faudra que je change de référence, cela présuppose que je sois conscient de la structure de ma pensée et que je garde à l’esprit la nécessité de distinguer clairement entre tous les niveaux que la perception logique présente, celle qui affirme que je ne dois pas considérer les phénomènes qui conviennent à la perception routinière que j’ai de la résolution des phénomènes que je rencontre.

 

 

 

 

    Suite 4c

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /Fév /2006 21:39

 

 

Article 4C.

L’influence du raisonnement logique sur mon psychisme et mon comportement.

La conscience de soi et la conception de la réalité.



Les définitions des états de la conscience.
La conscience est une activité cérébrale particulière qui nous permet de nous situer et de nous identifier face à un monde étranger à notre corporalité (notre Moi limité par la peau).
C’est la structure harmonieuse de notre conscience qui nous permet de considérer tous les événements agréables ou désagréables que nous rencontrons au cours de notre vie. Quand ces événements sont agréables, nous sommes heureux, quand ils sont désagréables nous sommes malheureux. La conscience est une conséquence de nos actions et de nos perceptions.
Nous pouvons avoir sept niveaux de conscience différents :

1er) Ce niveau est une vigilance excessive observée au cours d’une émotion, La conscience du monde extérieur se trouve affaiblie, l’attention ne peut se fixer, elle est diffuse, flou. Correspond aux émotions fortes.

2ème) C’est la conscience vigilante par excellence, correspondant à l’existence d’attention sélective, capable néanmoins de flexibilité en fonction des nécessités de l’adaptation, à la concentration et dans certains cas à l’attente de la perception. Niveau de vigilance attentive.

3ème) Il correspond à l’existence d’une attention non concentrée, avec production, dans la pensée d’association libre, et une baisse relative de la conscience du monde extérieur. Etat de vigilance détendue qui s’obtient par une décontraction concentrative (relaxation et concentration passive sur ses fonctions corporelles et psychiques), technique que l’on retrouve dans la pratique d’une psychothérapie à médiation corporelle, utilisé pour la gestion du stress.

4ème) C’est la conscience qu’on observe dans la rêverie. Les sollicitations du monde extérieur sont perçues de manière très atténuée. La conscience porte essentiellement sur le déroulement des idées, qui s’expriment souvent sous la forme d’images visuelles. Ce niveau correspond à l’endormissement.

5ème) La perte de conscience des sollicitations du monde extérieur est pratiquement totale. Le contenu de la conscience est la pensée du rêve. Niveau qui correspond au sommeil léger.

6ème) La perte de la conscience des sollicitations est complète. Il n’existe aucun contenu de conscienvenir. C’est l’état de sommeil profond.

7ème) A ce niveau, il n’existe pas ou peu de réponses motrices. C’est l’état exceptionnel de coma.

La conscience ; centre pilote.
La conscience dite « pilote » est celle qui effectue les opérations mentales complexes et réfléchies qui se déroulent dans le cerveau quand nous pensons, qu’il s’agisse de rechercher un objet égaré ou de rédiger une lettre.
La conscience serait, en fait, un centre de pilotage chargé de centraliser des informations venues des sens, de les analyser, de les coordonner, puis de guider les opérations qui s’ensuivent.
Ce modèle, de conscience pilote, décrit par certains psychologues, correspond assez à une expérience courante de la conscience. De nombreux actes spontanés s’effectuent sans nécessité de contrôle conscient comme appuyer sur un bouton pour éclairer une lampe, identifier les mots un à un pour comprendre un texte lu. C’est seulement face à des opérations complexes, centralisées, non automatiques que la conscience devient fonctionnelle.

Réflexion sur ma conscience.
En sommes, ma conscience est un état cérébral particulier, dépendant de l’assimilation des phénomènes enregistrés par mes sens. Tous ces phénomènes sont interprétés par mon cerveau à la lumière de mes connaissances. Le monde qui m’entoure est immuable, tous les êtres humains perçoivent automatiquement la même réalité. Pourtant, une opération chirurgicale qui se pratiquait sur des patients atteints d’épilepsie grave semble prouver que les êtres humains, comme tous les êtres vivants d’ailleurs, peuvent n’avoir aucune conscience des actions que pratiquent une partie de leur corps.


Le cerveau divisé.
Chez ces patients épileptiques, que je viens de mentionner, on est contraint de procéder à une section du « corps calleux », structure du cerveau qui relie les deux hémisphères cérébraux, le droit et le gauche. Cette opération réduit considérablement les fréquences des crises d’épilepsie sans provoquer des troubles intellectuels, ni fonctionnels particuliers. Toutefois, des examens psychologiques plus spécialisés ont démontré que ces patients, au cerveau divisé, présentaient une véritable dissociation de la conscience. Il leur est possible, par exemple, de tenir et d’utiliser un objet dans la main gauche, mais d’être incapable de nommer ce qu’ils sont en train de faire. La raison en est compréhensible pour un spécialiste des neurosciences. On sait que chacun des hémisphères de notre cerveau commande la partie du corps qui lui est opposée, l’hémisphère gauche commande la partie droite du corps ainsi que le champ visuel issu de l’œil droit, et inversement. Or, certaines expériences sur des personnes au cerveau divisé démontrent qu’elles sont parfois capables d’agir avec une partie de leur corps sans que l’autre s’en aperçoive. L’information circule donc bien de l’hémisphère droit à la main gauche mais ne parvient pas à la conscience (si on peut dire) de l’hémisphère gauche qui est le siège du langage. Tout se passe comme si le monde de ces patients était divisé en deux, un des hémisphère étant étranger par rapport à l’autre. Ces patients auraient donc deux corps différentiés.

Réflexion ; ce monde qui nous est inconnu.
Le matin à mon réveil , je vois, par ma fenêtre le Soleil pointant à l’horizon, ce même Soleil qui venait illuminer, il y a quelques minutes les sommets enneigés des chaînes du Tyrol, alors que je dormais encore plongé dans l’obscurité de la nuit.
Encore somnolent, je me dirige vers la salle de bain. Dans les quelques instants qui se sont écoulés, depuis mon réveil, je suis passé d’un état mental à un autre, de l’état de sommeil à celui de veille. C’est le premier niveau de ma conscience. A ce stade, je peux exécuter, plus ou moins machinalement, une série d’opérations conscientes ; me diriger vers le lavabo, ouvrir le robinet d’eau froide, régler l’ouverture du robinet d’eau chaude de façon à avoir suffisamment de l’eau chaude, sans toutefois me brûler ; c’est ce que l’on nomme, en psychologie « la conscience attention ». Etre conscient, c’est être présent au monde. Mais cela n’implique pas forcément que l’on est en train de penser. Je suis « conscient » du miroir qui se trouve au dessus du lavabo, sans que j’aie besoin d’y réfléchir. Je peux me raser en regardant mon visage dans ce miroir, mais le visage que je vois est la réflexion de mon visage éclairé par la lumière solaire ou par une ampoule électrique enregistré par ma rétine et interprété par mon cerveau.
Je sais que mon système visuel n’enregistre qu’une petite frange de longueur d’onde de la lumière réfléchie par l’objet observé. Je ne vois pas mon visage dans la frange de l’infrarouge, ni de l’ultraviolet, j’aurais bien du mal d’ailleurs à me reconnaître. Dans l’infrarouge, seules les parties les plus chaudes de mon visage seraient bien visibles, de même dans l’ultraviolet je ne serais pas reconnaissable. Je ne me reconnais, en fait, que si les conditions d’éclairages sont adaptées à ma vision, c’est-à-dire l’éclairage photonique (flux de photons)
Je suis assis devant mon bureau, j’écris sur une feuille de papier déposée devant moi. Ma position assise est relativement stable, les mouvements de mon poigné droit pour écrire les lignes sont insignifiants. Je suis pratiquement immobile et me considère comme tel. Pourtant, je suis entraîné par le mouvement de la Terre autour du Soleil à la vitesse de 30 kilomètres par seconde. Sans en avoir conscience, alors que j’ai écrit la phrase « la Terre tourne autour du Soleil » j’ai parcouru 300 kilomètres, sans même m’en apercevoir, chaque syllabe écrite durant 1 seconde , quand j’écris « la » j’ai fait 30 kilomètres, « Ter » 60 kilomètres, « re » 90 kilomètres, « tour » 120 kilomètres, « ne » 150 kilomètres, « au » 180 kilomètres, « tour » 210 kilomètres, « du » 240 kilomètres, « So » 270 kilomètres, « leil » 300 kilomètres.
Tout ce qui m’entoure ; les murs de ma maison, sa toiture, etc., me paraissent stables, ce sont des objets inanimés. Je sais, pourtant, que tout est constitué d’atomes composés de noyaux (les nucléons) autour desquels tournent des électrons. Ces atomes forment des molécules qui s’agitent, aussi, les unes par rapport aux autres. Le mouvement est partout, aussi bien dans l’infiniment petit comme dans l’infiniment grand (l’expansion de l’Univers) et de cela non plus je n’en suis pas conscient.
Il ne faut pas concevoir une particule comme une chose permanente, mais plutôt comme un événement qui apparaît ici et maintenant, ponctuellement dans le temps. Parfois ces événements forment des chaînes qui donnent l’illusion d’être des objets permanents. Le cercle de feu créé devant mes yeux par la rotation rapide d’une torche n’est pas un objet. Le monde des phénomènes est constitué d’événements qui ne peuvent demeurer identiques à eux-mêmes pendant seulement deux instants consécutifs, faute de quoi, ils seraient figés pour toujours.
Le fait que la matière me paraisse continue tient simplement à ce que je ne puisse pas l’examiner avec assez de précision, de même, que vu de loin, une prairie m’apparaît comme une grande étendue verte alors qu’elle est constituée d’une multitude de brins d’herbe distincts.
Dans la nature tout dépend de tout, tout est en relation, des particules élémentaires aux amas de galaxies. Il n’y a pas d’objet ayant une existence propre. L’interdépendance est intimement liée à l’impermanence des phénomènes, tout change et se transforme.
Je fais partie de ce tout. Ma vie se déroule dans un monde changeant dont je ne saisis que les phénomènes nécessaires à ma survie, je ne vois, ne perçois, ne ressens que ce que me permettent mes sens, c'est-à-dire pas grand-chose. Pourtant cela me suffie pour vivre, mais l’être humain peut-il se contenter de vivre pour vivre, sans se poser des questions sur le sens de sa vie et les problèmes qu’il rencontre tout au long de son existence. Ce poser des questions nécessite la possibilité de trouver des réponses adéquates, Comment répondre à des questions quand celles-ci ne sont que la perception floue de mes sens ? Certes, je ne peux pas, en permanence me poser des questions sur la réalité des choses que je perçois, ce serait fastidieux et inutile. Mais, dans certaines circonstances pénibles, la vraie réponse à un événement traumatisant pourrait soulager mon angoisse. Pour avoir la bonne réponse, je ne peux pas faire abstraction de la vraie nature des éléments avec lesquels je suis intimement lié ; comment réagir si je n’ai pas conscience de leur existence ?
Je sais, par exemple, que je suis un des habitants d’une planète qui s’est formée, il y a plus de 4 milliards 500 millions d’années par la collision et l’accrétion d’une multitude de blocs rocheux et de météorites. La Terre, depuis cette époque, n’a pas cessée de se transformer et continuera jusqu’à la fin, dans environ 4 milliards 500 millions d’années. C’est grâce à cette évolution que Homo sapiens a pu apparaître, il y a, environ, 180 000 ans. Aux diverses époques, des fantastiques catastrophes se sont produites qui ont décimés des espèces entières, c’est la brièveté relative de notre vie individuelle qui nous permet d’échapper à ces catastrophes, quoi que les secousses sismiques, raz-de-marée et autres volcans nous touchent, parfois localement.

Réflexion sur les pouvoirs de ma pensée.
Baigné dans une douce soirée d’été, je contemple l’immense Soleil qui s’apprête à disparaître dans la mer azurée de la Méditerranée. Les reflets de ses rayons rasants scintillent sur les ondulations de la surface d’une mer calme, donnant l’impression d’un mouvement éternel.
Je perçois le phénomène, parce que je suis là, à cet instant, disponible et séduit par la beauté grandiose du spectacle.
Le phénomène est-il réel ou est-ce moi qui le pense ?
Tous les soirs depuis des milliards d’années, sur tous les rivages de cette planète, le phénomène s’est déroulé, imperturbable, alors qu’il n’y avait aucun être humain pour l’observer. A cette époque lointaine, peut-on dire que le phénomène existait, tel que nous le voyons ?
Bien sûr, la Terre tournait sur elle-même par rapport au Soleil et aux étoiles du firmament. La mer calme, d’une belle soirée d’été, était animée à sa surface par des ondes liquides créées par une légère brise marine, celle-ci était formée par le déplacement des molécules de l’air atmosphérique dû à la différence des températures zonales et le Soleil convertissait son hydrogène en hélium dont l’énergie parvenait sur la Terre sous forme de spectre de lumière que l’eau de la mer décomposé en bleu azuré.
Mais ce phénomène spectaculaire n’existait pas tel que nous le voyons et le concevons, en réalité tout phénomène ne peut exister en dehors de la pensée de celui qui le perçoit.
Puisque que je sais que tous les phénomènes qui jalonnent ma vie depuis ma naissance sont des leurres, ma mort ne serait-elle pas qu’une illusion ?








Fin du site "Les pouvoirs de ma pensée logique; perceptions et réalité"

Par Charles Paget - Publié dans : psy.cognit
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